PARTIE I. CHAPITRE ï
n'osent pas voyager, et peuvent difficilement prendre la fuite {Idem. 1.433).
g. Dans le mois de mars 1834-, vingt-cinq chrétiens furent emprisonnés dans la capitale de la province Kuy- Tscheu, en Chine. Parmi eux, se trouvaient les deux fils d'un vieillard septuagénaire, nommé Peter Lieu, avec leurs femmes. Lorsqu'on les mit en prison, les bourreaux n'osèrent mettre la main sur cet homme, par respect pour son grand âge. Mais le pieux vieillard qui déjà précédemment avait souffert pour sa foi et avait été exilé en Tartarie, se rendit volontairement auprès de ses juges où il déploya un courage qui étonna d'autant plus que les Chinois sont, de leur nature, très-timides, ce Si c'est un crime, dit-il, que de pratiquer la religion chrétienne, je suis aussi coupable que mes fils et je dois subir une peine égale à la leur; c'est moi qui les ai élevés dans la religion chrétienne, je suis par conséquent le grand coupable : punissez-moi donc le premier. Si, au contraire, je suis innocent, mes enfants et leurs femmes le sont également, et vous devez leur rendre la liberté. » Deux fois il fut renvoyé par le juge, qui voulait épargner sa vieillesse. Mais la troisième fois qu'il revint, comme il prenait la défense de la religion chrétienne, le mandarin, irrité de tant d'audace, lui fit inscrire, avec une épingle, des lettres sur le visage pour indiquer qu'il était un imposteur. Tous ceux qui lisaient cette inscription sur sa figure présumaient que bientôt il serait exécuté; c'est ce qui arriva; car le 17 mai il fut condamné à être étranglé. Lorsqu'il fut assis sur le banc fatal, il fit le signe de la croix, et après avoir recommandé son âme à Dieu, avec le calme et ÎCtranquilliLi d'un juste, il dit au bourreau qui allait l'é-
trangler: a J'ai terminé ma prière, retrousse tes manches et accomplis ton office. » Telle fut la fin de cet héroïque martyr. L'aîné de ses fils mourut, quelques jours après, en prison ; le second et sa belle-sœur entendirent, sans effroi, la-sentence qui les condamnait à l'exil avec d'autres confesseurs de la foi. Sa femme fut séparée de lui et renvoyée pour veiller à l'entretien de ses petits enfants. Aucun de ceux dont on s'était emparé ne renia sa foi, de sorte que le triomphe fut complet [Idem. I. 435).
h. Un prince de la cour impériale de la Chine avait embrassé la religion catholique et renoncé aux grossières erreurs de l'idolâtrie lamaïque. Afin de pouvoir pratiquer les préceptes de la religion, il n'hésita pas à renoncer à son rang et à sa dignité, et à faire le sacrifice de sa fortune. L'empereur, irrité à la vue de tant de fermeté, l'exila dans les terres les plus reculées de la Tartarie, à mille lieues de distance de sa patrie. Le prince y passa dix-huit années dans la compagnie d'un missionnaire qui y avait aussi été envoyé en exil. Après ce long bannissement, il lui fut accordé de retourner dans sa patrie; mais il n'eut garde de se mêler aux réjouissances des personnes de son rang. Il alla trouver le vicaire apostolique de Yan-Si et se fit inscrire au nombre des catéchumènes, emploi auquel étaient admis les chrétiens les plus instruits et les plus zélés de chaque commune, pour aider les missionnaires. Le vicaire de Corée écrivait en 183-1, que ce prince n'avait p;is ilf plus grand plaisir que d'assister tous les jours à la sainte Messe ei de recevoir souvent les sacrements. 11 servait aussi les prêtres à table ei jamais on ne pouvait le décider a s'asseoir eu leur présence. Tels étaient