PARTIE I. CHAPITRE II
Clément, etc. (I). Jusqu'au pape actuel, Pie IX, nous comptons deux cent cinquante-sept papes, parmi lesquels quarante-six ont souffert la mort du martyre et près de cent qui ont été inscrits dans le catalogue des saints. — Le savant protestant Herder dit à ce sujet [Idées sur la philosophie de Vhistoire) : « Je serais obligé de faire ici une longue nomenclature, si je voulais seulement citer les papes les plus illustres et les plus distingués. Les écarts qu'ils ont commis sur le Siège de Rome sont infiniment moins nombreux que ceux que l'on remarque sur les trônes des princes temporels, et les fautes de plusieurs ne paraissent surprenantes que parce que ce sont des délits de papes. » — Puis, venant à parler du mérite des papes, il dit : g Sans le pape de Rome, l'Europe serait probablement devenue la proie d'un despote, le théâtre de dissensions éternelles, peut-être même un désert semblable à ceux du Mogol. »
5. Les insignes ou les marques de distinction de la dignité papale sont :
a. L'anneau du pêcheur, qui est fait de l'or le plus pur. Il représente saint Pierre dans une barque levant ses filets ; c'est un petit cachet dont le pape se sert pour sceller les brefs apostoliques, faits ordinairement sur papier ou parchemin, et écrits en langue latine. L'anneau du pécheur était déjà consacré à cet usage dans le treizième siècle.
b. Vient ensuite le bâton pastoral surmonté d'une triple croix ; ce bâton diffère pour la forme de la crosse
(1) On peut voir la chronologie des papes dans l'histoire ecclésiastique abrégée de M. Driuiu, et dans Guillois.
(Soie du traducteur) .
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des évêques, laquelle est recourbée à la partie sup<5rieure.
c. La tiare, qui est une triple couronne imitée du diadème qui recouvrait la tète des grands prêtres de l'ancien Testament. Cette triple couronne signifie que le pape est en même temps évèque de Rome, chef suprême de tous les fidèles et enfin prince temporel des états de l'Eglise.
d. Le Saint-Siège ou Siège apostolique signifie le trône, nom que l'on donne souvent à celui qui l'occupe, c'est-à-dire au pape lui-même ; comme lorsqu'on dit : « Le Saint-Siège a défini, etc. d
e. Les ornements pontificaux, qui sont : la robe ou soutane de soie blanche , les souliers , couleur de pourpre, surmontés d'une croix brodée en or, la barette, ou coiffure en velours qui descend jusqu'aux oreilles; le rocket ; Yamict, ou collet; le cordon dont les deux bouts flottent suspendus du côté gauche ; Yétole, ornée de trois croix étincelantes de magnifiques perles et de riches pierres précieuses ; la chape, de couleur rouge (pluviale), et enfin, la mitre, ou couvre-chef du pape. — Le costume journalier du pape est un habit de chœur de soie blanche, une soutane de fine toile de lin, et un bonnet de velours rouge ou de soie d'un rouge très-prononcé, La couleur varie d'après les fêtes de l'année; à Pâques, à la Peutecôte et aux fêtes de la sainte Vierge, la couleur est blanche; pendant l'Avent et le Carême, violette ; le Vendredi- Saint et aux messes des morts, noire.
Remarque. — Une marque d'honneur toute particulière, c'est le baisement des pieds, cérémonie qui existe de temps inimémorial. On baise la croix d'or
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brodée sur les souliers couleur de pourpre du pape, en mémoire de notre divin Sauveur dont le pape est le représentant sur la terre. Nous voyons déjà le pape Constantin accorder cette faveur à l'empereur Justinien ; et plus tard Adrien I à Cbarleniagne, Alexandre III à Barberousse, etc, (1).
6. Ce qui se passe à la mort d'un pape. — Les cérémonies et les solennités qui accompagnent les funérailles des pontifes romains ont été fixées depuis plusieurs siècles par les règlements de l'Eglise romaine et par les bulles de quelques papes. Lorsque le souverain Pontife a rendu le dernier soupir, on en informe tout d'abord le cardinal- camerlingue qui se rend en babit violet dans le palais, et aux pieds du lit où repose l'auguste défunt, le visage couvert d'un voile blanc. Avant d'entrer dans les appartements où repose le défunt, il frappe trois fois à la porte avec un marteau en or, et appelle autant de fois le saint Père par son nom. Lorsqu'il est entré, il fait la génuflexion avec les cardinaux qui l'accompagnent et récite une courte prière pour le repos de son âme. Il se relève, s'approcbe du corps, afin de s'assurer par lui-même s'il est réellement mort, frappe trois fois sur la tète du pontife avec un marteau d'argent ; puis il se retourne vers les assistants et leur adresse ces paroles : Le pape est réellement mort. Le cardinal doyen lui remet ensuite l'anneau du pêcbeur et les autres cacbets du défunt, dont on efface le nom, puisque sa souveraine autorité a cessé sur la terre. Depuis ce moment jusqu'à l'élection d'un nouveau
(i) Laulcur dit le contraire ; il attribue l'honneur aux papes.
Ifiutedu traducteur).
pape, les affaires du saint Siège sont gérées par le cardinal-camerlingue de concert avec le collège des cardinaux. Le cardinal -camerlingue prend aussitôt possession du palais papal, où il est conduit processionncllement dans le char pontifical, escorté de la garde suisse, et au son de la grande cloche du Capitole qui va porter dans toute la ville la nouvelle de la mort du pape. En ce moment toutes les cloches de la ville sonnent à pleine volée et continuent ainsi pendant une heure.
Vingt-quatre heures après la mort, le corps est ouvert et embaumé. Le cœur est mis dans une boite, et porté par un chapelain du palais papal, monté sur un des chars de la cour, dans l'église de Saint-Vincent, pour y être déposé. Le corps lui-même est revêtu des ornements pontificaux et placé sur un lit de parade ombragé d'un baldaquin, puis exposé à la vénération du peuple qui peut entrer librement. Autour du lit de parade brûlent seulement quatre grands cierges , et deux soldats de la garde des noble: veillent et montent la garde. Quand le pape est mort au Quirinal , on le transporte processionnellement au Vatican le soir du deuxième jour. Le corps repose sur une litière découverte revêtue de velours cramoisi et orné de franges d'or. Elle est portée par deux superbes mulets richement caparaçonnés. La figure du saint Père est à découvert. La procession est ouverte par les officiers de la cour romaine et par la garde suisse, qui marchent les drapeaux baissés et les lances retour i A côté du défunt, sont les frères pénitents qui portent des flambeaui et récitent des pri< i à voix basse. Immédiatement derrière la litière marchent deux