‹ Catéchisme historiqueChapitre 156 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE II

Pierre.— Ici commence la cérémonie du couronnement dont nous rapporterons seulement les circonstances les plus remarquables, les autres étant les mêmes que celles de l'office pontifical d'un évèque ; FEpitre et l'Evangile sont lus deux fois, d'abord en latin, puis en grec; avant la communion, le pape retourne à son trône; et lorsque le cardinal assistant a élevé la sainte hostie sur la patène, il la remet entre les mains du sous-diacre latin qui lelève, en se tournant vers le trône, pour la présenter ainsi à l'adoration du saint Père; la même chose se répète avec le calice. Le pape communie debout sur son trône et reçoit le précieux sang au moyen d'un tube en argent. Les cardinauxdiacres et sous-diacres communient de même sur le trône du saint Père, puis ils retournent à l'autel et purifient le calice et les tubes. Pendant cette cérémonie» tous les cardinaux, archevêques et évèques sont debout, l'infule à la main, tandis que les autres ecclésiastiques et autres personnes de haut rang restent à genoux. Le pape retourne à l'autel, achève la messe et donne la bénédiction au peuple. L'office terminé, a heu la procession solennelle qui est le commencement de la cérémonie du couronnement. Au milieu des acclamations joyeuses de la foule et entouré de la garde civique, des troupes de ligne et de la garde suisse, le saint Père est transporté au moyen de la sedia sur la grande loge ou balcon élevé au dessus du portail Saint-Pierre, d'où il a coutume de donner la bénédiction. Il monte sur le trône qui est érigé et qui est aperçu par la loule immense qui stationne sur la place Saint-Pierre. Avant le couronnement, et après que le chœur des chantres a terminé l'antienne ; Curow aurea super caput ejus (une cou-

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ronne d'or sur sa tète), le cardinal-doyen, évèqne d'Ostie, assisté de deux cardinaux-diacres, se tourne vers le pape, et prie le Seigneur de lui accorder un règne heureux et prospère. Le cardinal-diacre prend ensuite l'infule de dessus la tète du pape, et lui pose, à l'aide de deux diacres-doyens, la triple couronne iïor (la tiare), en disant ces paroles : recevez la tiare ornée d'une triple couronne, et sachez que vous êtes le père des princes et des rois, le souverain de l'univers, le représentant de Jésus-Christ, à qui honneur et gloire soient rendus dans toute l'éternité. Amen. — Cette cérémonie accomplie, le saint Père descend de son trône et donne la bénédiction au peuple.

A ce moment, des chants de triomphe s'élèvent dans les airs; les canons du château Saint-Ange tonnent sur les hauteurs; toutes les troupes assemblées sur la place de parade donnent des salves auxquelles viennent se mêler la musique des régiments et le son des cloches de la capitale : la cérémonie est terminée et le pape retourne dans son palais. Le soir a lieu une illumination brillante , remarquable surtout à l'église Saint-Pierre à cause de sa gigantesque coupole (1). (Les mêmes),

(1) L'église Saint-Pierre est bâtie sur la place où le féroce empereur Néron tit massacrer un si grand nombre de chrétiens, et où fut enterre" saint Pierre. Commencée en 1450, il a fallu trois siècles et demi pour l'achever entièrement. Déjà en 1G94, Carlo Fontano en élevait les frais à quarante-sept millions de scudi (le scudi vaut environ Unis francs). Pour se faire une idée de l'immense élévation de sa coupole, il suffit de dire que la boule qui se trouve au sommet peut contenir seize personnes.

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