‹ Catéchisme historiqueChapitre 163 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE II

manteaux d'or et de pourpre ; ou de jeunes animaux en ivoire ou en émeraude, et qu'il s'imagine pouvoir s'attirer ainsi la faveur des Dieux, celui-là se trompe, et n'est qu'un esprit léger et frivole. L'homme doit être vertueux, il ne doit ni déshonorer les vierges, ni rompre l'union conjugale, ni voler, ni tuer pour de l'argent, ni convoiter ni le bien d'autrui, ni sa femme, ni ses magnifiques bâtiments, ni sa propriété, ni son esclave, ni son cheval, ni son bœuf, ni son bétail. — Pourquoi ? — Parce que Dieu est proche de vous et vous voit. Vous ne devez pas même convoiter une épingle, car tout acte de justice plait à Dieu, de même qu'il déteste chaque mauvaise action. Il fera monter dans les hauteurs rhoinme laborieux qui cultive la terre nuit et jour. Pour vous, immolez à Dieu avec un cœur pur et innocent. — Brillez par votre âme et non par vos vêtements. — Quand vous entendez le tonnerre, gardez-vous de fuir, lorsque votre conscience est irréprochable, car Dieu est près de vous et vous voit. »

Remarquons la ressemblance presque littérale de ce passage avec la loi de Moïse.

Les purifications avec de Feau étaient aussi un moyen que les païens employaient pour effacer leurs fautes. Ovide (Fast. II.) qualifie d'insensé et de déplorai >le, l'usage de laver les mains de celui qui a commis un meurtre, afin de le laver de son crime : « 0 nations insensées, qui croyez que l'eau efface le crime de celui qui a souillé sa main par le forfait du meurtre. *> Les habitants de l'Indoustan croient encore aujourd'hui que l'eau du Gange a la vertu de purifier les hommes de leurs péchés; aussi s'y baignent-ils souvent. On a aoin de s'en piocwtt dans les parties de ce pays les

3C0 jCàtéciitsme historique.

plu? éloignées, tant est grande la foi qu'on a aux merveilleux effets qu'on lui attribue. Paulin dit que ces sortes d'expiations se trouvent consignées dans les livres les plus anciens de ces contrées. — Pour l'initiation à un grand nombre de mystères, et comme moyen préparatoire à la rémission des péchés, on exigeait aussi la confessionde ses péchés (S. Brenn. III. 352).

Ces témoignages nous démontrent avec quel désir ardent la généralité des païens soupirait après la rémission des péchés. Cependant ils étaient loin, surtout les plus éclairés d'entre eux, de trouver une garantie suffisante dans les diverses pratiques qu'ils employaient pour atteindre ce but. Celui après lequel soupirait Socrate, et qui seul pouvait nous indiquer avec une entière certitude ce remède si salutaire, nous l'a luimême procuré en laissant à son Eglise le plus précieux de tous les pouvoirs, celui de remettre les péchés par un privilège indépendant de la puissance humaine, mais émanant de Dieu même.

3. Saint François a lui-même éprouvé combien il est consolant d'être pleinement assuré qu'on a obtenu le pnrdon de ses péchés. Un jour, il se retira dans un lieu solitaire, et repassa, daus l'amertume de son cœur, toutes les années de sa vie et les fautes qu'il avait commises. Il en fut vivement affligé, et en conçut un grand repentir. Tout-à-coup il fut inondé d'une joie toute céleste, et pleinement convaincu que ses pèches lui étaient remis. Il fut ravi en extase; une lumière Céleste l'entoura: son esprit fut comme transporté hors de lui-même, car il vit clairement ce qui devait lui arriver ainsi qu'à ses frères [Haid's Kateck. I. 343:).

Combien il fut consolant pour sainte Madeleine d'ap-

prendre de la bouche de Jésus que ses péchés lui étaient remis ! Quelle joie ne fut-ce pas pour la pécheresse de l'Evangile de s'entendre dire par Jésus [Jean, 1. 11.) : « Je ne veux pas non plus vous condamner; allez et ne péchez plus. » — Le même Sauveur consola le paralytique en l'assurant que ses péchés lui étaient remis;' Zachée et tant d'autres entendirent la même chose de sa bouche. Le bon larron méprisait les souffrances d'une mort longue et douloureuse, lorsqu'il se rappelait que Dieu lui avait dit qu'il serait avec lui en paradis.— La consolation que ces âmes pénitentes goûtaient en entendant des paroles si rassurantes sortir de la bouche de Jésus, tout pénitent peut aujourd'hui l'éprouver, persuadé qu'il est que Dieu a donné à ses prêtres le pouvoir de remettre les péchés jusqu'à la fin du monde, lorsqu'ils prononcent ces paroles douées d'une vertu toute divine : « Vos péchés vous sont remis, allez et ne péchez plus. »

4. Arnolphe, d'abord général, puis homme d'Etat sous le roi Clotaire II, et enfin évèque de Metz, était un jour vivement occupé du désir de savoir si Dieu lui avait entièrement remis les péchés de sa jeunesse, et s'il les avait complètement effacés du livre de sa justice par le sang de la rédemption. L'incertitude où il était à ce sujet le tourmenta longtemps, et son cœur ne cessa dès-lors d'être en proie à de vives inquiétudes. Plongé dans ce doute désespérant, il se rendit un jour sur le pont de la Moselle à Metz, s'arrêta tout-à-coup, tira son anneau de son doigt et le jeta dans le fleuve, en disant : « Si je recouvre cet anneau je croirai que nies péchés me sont remis. » — A vrai dire, ce ne serait pas foire preuve de beaucoup de confiance en la miser L-

corde divine et à l'institution de la pénitence, que de suivre un pareil exemple. — Un long intervalle s'écoula sans qu'Arnolple parût avoir été exaucé; mais enfin l'anneau fut retrouvé dans le ventre d'un poisson qu'on lui servit. — Paul Varnefried assure avoir entendu le récit de ce fait de la bouche même de Charlemagne, lequel avait vu de ses propres yeux l'anneau qui était déposé dans l'église de saint Sébastien à Metz, et qu'on montrait toutes les années au peuple {HerbsVs Exempb. n. 299).

5. Le Sauveur se trouvant un jour avec ses disciples dans un bourg samaritain où personne ne voulait les accueillir, les deux frères Jacques et Jean dirent à Jésus : « Seigneur, ne ferons-nous pas, comme autrefois Elie, descendre le feu du ciel pour les anéantir ? » Mais le Sauveur se tournant vers eux, leur adressa des reproches et leur dit : « Le Fils de Dieu n'est pas venu pour perdre les hommes, mais pour les sauver. » (Luc, 9, 54-). Lorsque Jonas, qui avait prédit la ruine de Ninive, vit que sa prophétie n'avait pas été accomplie et que le Seigneur avait épargné la ville, il en fut vivement affligé, et murmura contrele Seigneur en disant : a Maintenant donc, je vous prie, ô Eternel! prenez mon àme, car la mort me vaut mieux que la vie ; » mais l'Eternel lui répondit : « Penses-tu bien avoir raison d'être en colère? » Le Seigneur le punit encore une autre fois, en faisant sécher, pendant une nuit, un Lierre qui le protégeait contre les ardeurs du soleil, parce qu'il avaU manqué de compassion et de miséricorde a L'égard des pécheurs. Ce sont là autant d'exemples qui nous font voir combien Le Seigneur a en horreur ces hommes, pécheurs eux-mêmes, qui, animés

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