PARTIS I. CHAPITRE I
braient aussi la sainte cène chez eux), ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur ; ils louaient Dieu et étaient aimés de tout le peuple. Aussi les premiers chrétiens étaient-ils appelés du nom d'élus, de saints frères , de sages, de parfaits et d'amis de Dieu. à. Saint Clément, pape vers la fin du premier siècle, disait, dans ses lettres, aux chrétiens de Corinthe : a Vous jouissez d'une bonne réputation dans toutes les communautés qui vous considèrent comme les plus illustres disciples de Paul. Qui a vécu parmi vous, sans avoir admiré la fermeté de votre foi et l'édification que vous prenez pour la sainteté de votre vie? Quel est celui qui n'estimerait pas votre modestie et votre modération en toutes choses ? Il n'en est aucun parmi vous qui se soit cru exempt de remplir un seul de ses devoirs, mais tous, vous avez fait, sous la sage direction de vos pasteurs, de grands progrès dans les sentiers de la perfection ; vous avez rendu à vos parents le respect qui leur est dû; vous avez été, pour la jeunesse, des modèles de retenue et d'honnêteté ; humbles et sans orgueil, vous vous êtes toujours montrés plus disposés à obéir qu'à commander, à donner qu'à recevoir : semblables à des voyageurs qui se hâtent de regagner leur patrie, vous n'avez recherché des biens de cette terre que ce qui était nécessaire à votre entretien, sans détourner vos regards du ciel, mais demeurant en tout fidèles aux prescriptions de l'Evangile. Vivant de la sorte, vous avez coulé des jours tranquilles et heureux. Dans le calme et l'innocence de votre cœur, vous avez élevé avec confiance vos mains vers le Père céleste, le priant de vous pardonner vos faiblesses; le conjurant avec instance de ne point permettre qu'aucun vint à
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chanceler dans sa foi et à la perdre. Toutes vos démarches respiraient l'innocence et la sincérité : vous aviez banni la malice et la susceptibilité dans vos relations. Si quelqu'un vous avait offensé, vous déploriez sa faute, car les manquements d'autrui vous intéressaient comme s'ils vous eussent été personnels. » Quel témoignage éloquent de la vivacité de leur foi qu'ils faisaient briller avec tant d'éclat dans tous les actes de leur vie? {Bcr. Berc. II. de l'Egl. T. I. )
c. Pline le Jeune, vivant au commencement du premier siècle, et gouverneur en Bithynie, donnait une attention sérieuse à la conduite des chrétiens dont il devait faire un rapport à l'empereur Trajan. Pour arriver plus sûrement à la découverte de la vérité, il fit mettre à la torture deux femmes esclaves qui remplissaient, parmi les chrétiens, les fonctions de diacon-
■s, et la seule chose qui ressortit de ses investigations, c'esî que les chrétiens se rassemblaient, un certain jour, avant le lever du soleil, pour chanter des s en l'honneur du Christ, comme d'un Dieu; qu'ils s'obligeaient par serment non pas à se rendre coupables de quelque forfait, mais à ne commettre ni lanin, ni vol, ni adultère, à ne point manquer à leur parole, à ne jamais renier un dépôt. C'est le témoignage que rend un païen même de la vivacité de la foi des premiers chrétiens, vivacité qui n'est rien autre chose que la foi matérialisée, pour ainsi dire par les
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d. Saint Justin, d'abord philosophe juif, setant converti au christianisme, eu écrivit une apologie qu'il envoya à l'emp< tusénal de Rome. 11 y démontre que Les chrétiens sont à la luis les plus nobles et les plus