‹ Catéchisme historiqueChapitre 179 sur 275 · PARTIE II. CHAPITRE I.' 3ûi · texte numérisé non relu

PARTIE II. CHAPITRE I.' 3ûi

non loin du Tibre. Il arriva qu'un jour l'hôtelier le congédia de sa maison avec toute sa suite, parce qu'il se disposait à recevoir un seigneur dont sa cupidité espérait tirer un plus grand profit. — Le pieux jeune homme se contenta de dire que l'aubergiste était le maitre de sa maison. » S'il ne veut plus nous garder, disait-il, allons nous fixer ailleurs, » et sur le champ il alla, suivi de ses domestiques, louer, loin du Tibre, une habitation. A peine y était-il arrivé, qu'une violente tempête s'étant élevée, les eaux du fleuve saccrurent au point que la maison que le saint avait été contraint d'abandonner, fut envahie par les flots du Tibre qui engloutirent tous ses habitants sans qu'un seul pût se sauver ( Silbert's Handbuch S. 326 , n. 352).

I. Nous Usons de saint Ignace un exemple à peu près semblable. Il nous fait voir que souvent Dieu récompense déjà ici-bas la confiance de ceux qui se reposent uniquement sur son assistance. Lorsque ce grand serviteur de Dieu, revenant de Jérusalem, arriva en Chypre et voulut s'embarquer pour l'Italie, il trouva trois vaisseaux qui allaient mettre à la voile. L'un appartenait aux Turcs, le second, vaste et dans un parfait état, aux Vénitiens. Le troisième était petit, vieux et offrait le plus triste aspect. Plusieurs d'entre les voyageurs intercédèrent auprès du patron du vaisseau vénitien pour le prier de recevoir le pauvre pèlerin, l'assurant qu'il n'aurait pas lieu de s'en repentir, vu qu'il était un saint homme. Mais le patron voulut absolument être payé et déclara que si l'on ne payait pas pour lui, il pouvait s'adresser a qui il lui plairait pour se luire conduire en Itulie; du reste, ajouta- t-il, puisque

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c'est un saint, il peut bien se promener sur la mer sans vaisseau. Ignace se vit obligé de monter le mauvais petit vaisseau dans lequel on l'accueillit volontiers par commisération. On l'entoura de beaucoup d'estime à cause de la haute piété qu'il fit paraître. Les trois vaisseaux mirent à la voile le même jour et presque à la même heure, poussés par un vent favorable. Toutefois ce ne fut pas pour longtemps : bientôt une effroyable tempête s'élevant sur la mer, le vaisseau turc fut englouti sous les flots, tandis que celui des Vénitiens alla se briser contre un banc de sable et n'offrit plus bientôt qu'un monceau de débris. Il n'y eut que la pauvre nacelle dans laquelle se trouvait le saint qui arriva heureusement au port, bien que, selon toute apparence, elle eût dû la première faire naufrage. C'est ainsi que le Seigneur protège ceux qui mettent leur espérance en lui. Il arrive souvent que, au moment même où il semble leur envoyer des afflictions, il les met à l'abri de dangers qu'ils n'auraient pu autrement éviter! (Le même, p. 352).

m. On raconte au sujet de saint François d'Assise, que son frère l'ayant un jour aperçu habillé très-légèrement, marchant nu-pieds et tremblant de froid, envoya un de ses serviteurs lui demander s'il ne voudrait pas lui tendre une once de sa sueur ; mais le saint lui répondit en souriant, qu'il l'avait déjà toute vendue à son Dieu, et même à un prix très-élevé. — C'est ainsi que le saint avait tout donné à Dieu afin de pouvoir espérer de lui une récompense d'autant plus grande.

Il en esl de même du bienheureux prêtre Jean Avila.

11 s'était réduit à la plus extrême pauvreté, et avait

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fait le sacrifice de tous ses biens temporels. Dans cet état il avait coutume de dire qu'il possédait une riche mine d'or dans les promesses renfermées dans ces paroles de Jésus : a Cherchez d'abord le royaume des deux et sa justice, et le reste vous sera accordé par surcroit. » Ces paroles ont toujours trouvé en lui leur vérification {Le même, p. 32).

n. Dans ime petite ville d'Italie vivait une pauvre fille qu'une maladie avait mise dans la nécessité de rester continuellement couchée sur le même côté. Sa couche n'était qu'un pauvre grabat trahissant la plus extrême misère. Les personnes qui la visitaient par compassion étaient très-édifiées de voir cette infortunée souffrir ainsi sans proférer ime seule plainte et paraissant toujours contente. Un jour qu'on parlait en sa présence de la disette aifreuse qui se faisait sentir dans le pays, on fut très-étonné de l'indifférence avec laquelle elle apprit cette triste nouvelle. Une des femmes qui étaient présentes ne put s'empêcher de lui demander comment elle pouvait être si tranquille et si résignée en face de sou propre dénùment et à la vue d'une famine qui sévissait autour d'elle avec tant de fureur ; mais elle se contenta de répondre d'un air calme et serein : « Toutes mes pensées sont dirigées vers Dieu ; toutes mes espérances sont en lui, je suis semblable à un petit oiseau sous les ailes delà Providence .Que pourrais-je craindre, et pourquoi me laisserais-je aller à l'inquiétude?

o. L'empereur Maximilien II avait une confiance et une esprrance si vives en Dieu, dont la providence s'était révélée en lui dans de nombreuses circonstaiK ■• ■- , que, alors que des événements qui paraissaient préi. 20

sacrer des suites désastreuses jetaient le trouble et l'inquiétude dans tous les esprits, lui seul montrait une grande fermeté et disait : et Le Seigneur viendra nous secourir. Celui qui se confie en lui n'a pas bâti sur le sable. » {Lohn. Bibl. m, 5242).

p. Saint Apollonius avait coutume de dire que tous ceux dont le cœur est intimement uni au Seigneur et qui espèrent de lui la possession du ciel, ne devaient jamais s'attrister. Ce que les pécheurs doivent déplorer comme le plus grand de tous les malheurs, c'est le péché. Quant aux justes, ils doivent toujours, même au milieu des plus grandes infortunes temporelles, se montrer sereins, car tout ce qui arrive tourne à l'avantage de ceux qui aiment Dieu (Ilid. m, 387).

q. Un soldat ayant levé le bras pour fendre d'un coup de sabre la tète de saint Martin , et s'étant aperçu que le saint ne donnait pas le moindre signe de frayeur, il lui dit ces paroles : « Comment! tu ne trembles pas? — Pourquoi tremblerais-je, répondit Martin, la mort n'est pas un mal. Je la considère bien plutôt comme une dernière jouissance sur la terre, puisqu'elle doit me conduire de ce monde dans un meilleur séjour; je soupire après elle, parce qu'elle doit me conduire dans la vie éternelle. » (Ibid. m, 239).

SENTENCES

a. Chrétien! ne t'abandonne jamais au désespoir I — Pourquoi t'épouvantes-tu lorsque des royaumes terrestres s'écroulent et tombent en ruine? C'est afin qu<- tu ne périsses point avec, les royaumes de la terre, qu'un royaume céltete t'a été. promis. 11 ne manquera

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