‹ Catéchisme historiqueChapitre 183 sur 275 · PARTIE II. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE II. CHAPITRE II

Il recommandait aussi ardemment à ses disciples de prier : « 11 faut toujours prier, disait-il, {Luc, 18, 1). et ne jamais cesser. » Voulant leur expliquer, par une parabole, les salutaires effets du zèle et de la persévérance dans la prière, il leur dit ces paroles : « Il y avait, dans une ville, un juge sans crainte de Dieu, ni estime • des hommes. Dans la même ville se trouvait une veuve, qui vint auprès de lui et lui dit : Rends-moi justice contre mon adversaire; mais le juge fut longtemps sans vouloir se prêter à ses vœux. A la fin, il se dit en lui-même : « Quoique je n'aie aucune crainte ni de Dieu ni des hommes, je veux cependant rendre justice à cette veuve, parce que son importunité m'est devenue insupportable ; elle ne s'adressera plus à moi, et ainsi je cesserai d'en être incommodé. » — Ecoutez, continue le Seigneur, les paroles de ce juge inique ! — Et Dieu, juge souverainement juste, lui, dont l'amour pour les hommes est si grand, s'il diffère quelquefois de nous exauder, pourra-t-il bien ne pas nous secourir, si nous l'en prions jour et nuit, nous qui sommes ses enfants de prédilection?

Les Apôtres suivaient l'exemple du Sauveur. Après l'Ascension, ils quittèrent la montagne des Oliviers; et, étant entrés dans une maison, ils montèrent dans une chambre et ne cessèrent de prier (Act. 4. \k). Ce fut pendant la prière qu'ils furent remplis de l'Esprit- Saint. Il est dit des nouveaux convertis qui s'étaient fait baptiser le jour de la Pentecôte : « Tous les Fidèles Vivaient ensemble, et tout était commun entre eux. Tous lea jouis ils se trouvaient réunis au temple. Ils rompaient aussi Le pain dans leurs maisons... et chantaient à Dieu des cantiques de louanges. » — Nous

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trouvons dans les Vigiles des premiers chrétiens tin éclatant témoignage de leur zèle pour la prière. La veille d'un grand jour de fête, ils passaient la nuit entière à prier en commun. Ils ne croyaient pas qu'il fut trop pénible pour eux de passer plusieurs heures en prières dans des retraites souterraines, au milieu d'une atmosphère viciée et corrompue ; ils s'inquiétaient peu des dangers auxquels ils s'exposaient en fréquentant les assemblées religieuses : leur zèle leur faisait supporter pendant longtemps les positions les plus gênantes. Tertullien disait déjà de son temps {Lia. de Orat., c. 14. 42), que les chrétiens priaient souvent les bras étendus, afin de ressembler à leur Sauveur qui a souffert et prié les bras étendus sur la croix. Prier assis était chose inusitée chez les premiers chrétiens.

Saint Jérôme dit, au sujet de saint Jacques-le-Mineur (De VÎT. illust.)., qu'il avait tant prié à genoux que sa peau était devenue aussi épaisse que celle d'un chameau.

2. C'est ainsi que, dès les premiers siècles, les hommes pieux et vertueux se sont toujours distingués par leur zèle pour la prière. — Nous citerons encore quelques exemples sur ce sujet.

a. Saint Antoine, le père des ermites, passait souvent la nuit entière dans la plus fervente prière. Lorsque le point du jour arrivait, il en devenait mécontent et adressait ces paroles au soleil : « Pourquoi reviens-tu Sitôt, 6 soleil? Tu détournes m- 1s d'un Soleil qui l'emporte de beaucoup sur toi en beauté! » {S. Athn i . . c 6).

b. Saint Arséniua n'abandonnait son travail, qui durait jusqu'au milieu du jour, que pour consacrer le

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