PARTIE II. CHAPITRE H
à pas de géants dans la carrière du vice, et il finit par devenir le chef d'une troupe de brigands. Quelque temps après, saint Jean arriva dans cette ville et demanda par hasard des nouvelles de Théophile. Mais lorsque le saint vieillard eut appris delà bouche del'évèque les écarts dans lesquels il était tombé, il monta à cheval et courut en toute hâte vers la montagne qui servait de repaire à cette bande de brigands. Arrivé là, il fut aussitôt arrêté par ceux des brigands chargés de faire la garde, et, comme il le désirait lui-même, on le conduisit vers le chef. Mais lorsque celui-ci l'eut reconnu, il prit la fuite. Le saint vieillard se mit à le poursuivre, ne cessant de lui crier ces paroles plaintives : « Mon fils, pourquoi fuyez-vous devant votre père, vieillard sans force et sans armes. Ne craignez rien, vous avez encore espoir de vivre ! Je rendrai compte de vous à Jésus-Christ ! S'il le faut, je mourrai volontiers pour vous, comme le Seigneur est mort pour nous tous. Ah! cessez de fuir, croyez-moi ; Jésus-Christ, le bon pasteur, m'a envoyé pour chercher la brebis égarée et la ramener au bercail! » Le jeune homme ne put résister à ces instances si touchantes, il s'arrêta et embrassa en pleurant le saint vieillard qui le pressa avec amour sur son cœur, l'emmena, le réconcilia avec Dieu et avec la communauté des fidèles par le sacrement de pénitence (D'après Tillemont et Buttler).
I. Lorsque saint Grégoire de Nazianze fut élevé sur le siège de Constantinople, plusieurs personnes allèrent lui présenter leurs félicitations. Après que tout le monde fut sorti, il apprit qu'il était resté un jeune homme revêtu d'habits de deuil, et le visage couvert d'une pâleur mortelle. Grégoire, lui adressant la parole, allait i. 23
lui demander des nouvelles sur son état, lorsqu'il le vit se précipiter à ses pieds sans pouvoir proférer une seule parole. Il élevait les mains et répondait à chaque question par des soupirs et des sanglots. Cependantle saint patriarche Je tarda pas à apprendre que ses ennemis avaient déterminé le jeune homme à le tuer, et que c'était dans ces intentions qu'il avait pénétré dans le palais, mais que les manières affectueuses du patriarche l'avaient déconcerté et détourné de son projet. Aussitôt, saint Grégoire fit approcher le jeune homme et lui dit: « Dieu te conserve, comme il m'a conservé. Dès ce moment tu es à moi, fais en sorte que tu sois aussi trouvé digne d'appartenir à Dieu » (S. Greg. Vit.).
c. Saint Basile, sentant sa fin approcher, ne cessait de prier Dieu de lui permettre de vivre encore un jour, afin de lui laisser le temps d'admettre dans le bercail de Jésus-Christ un juif qui avait promis d'embrasser la foi catholique si l'évêque vivait encore le lendemain. — Sa demande lui fut accordée, et le lendemain, comme un homme en pleine santé, il se rendit à l'église où il baptisa le juif avec toute sa maison. Après avoir accompli cette sainte action, il se remit au lit et mourut peu de jours après {Lohn. Bibl. m, 509).
d. Sainte Monique obtint, à force de prières, la conversion de son fils Augustin .
e. Sainte Thérèse, lisant un jour la vie des Saints, arriva à la mention de ceux qui avaient converti un grand nombre d'âmes au Seigneur. Cette lecture lui causa une joie si vive, qu'elle déclara les admirer plus en cria i\ut> pour le martyre qu'ils avaient souffert. — Ellr faisait aussi d'ardentes prières pour ceux qui étaient chargés de la conduite des âmes, et lorsqu'elle appre-