‹ Catéchisme historiqueChapitre 206 sur 275 · PARTIE II. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE II. CHAPITRE II

naît que l'un d'entre eux était tombé malade, elle récitait une prière particulière pour obtenir sa guérison, afin qu'il pût continuer l'œuvre de la sanctification des âmes. Mais lorsqu'elle apprenait la mort d'un pieux et zélé pasteur, elle en pleurait amèrement , bien qu'à la nouvelle de la mort de son frère elle ne répandit pas une seule larme (Ibid).

f. Nous trouvons un exemple édifiant du zèle pour la conversion des pécheurs, dans l'ordre des Dames du Bon-Pasteur. Il fut fondé en 1640, par le père Eudes, de Caen, en Normandie, alors que les mœurs du peuple français étaient tombées dans un grand état de corruption par suite de la guerre des Huguenots. Pendant longtemps, cet ordre resta restreint dans les limites de cette localité, jusqu'à ce qu'enfin, en 4829, la comtesse de la Potherie de Neuville daigna s'en occuper. Son dessoin était de l'implanter à Angers ; mais étant morte avant d'avoir pu y parvenir, son œuvre fut poursuivie par son digne fils, le comte de Neuville. Avec la permission de l'évèque, il fit venir quelques femmes de Caen à Angers et leur bâtit une maison. Cette œuvre fut bientôt accueillie à l'unanimité, surtout par la noblesse de France. Plusieurs dames de qualité donnèrent à l'ordre toute leur fortune, et s'y consacrèrent ellesmêmes au Seigneur. Ces motifs et les services signalés de cet institut firent qu'en très-peu de temps il se répandit avec une rapidité remarquable. Depuis 1833, la congrégation des Dames du Bon-Pasteur a été introduite dans dix-sept villes de France. Elle possède même une maison à Borne. A la vue d'une extension aussi prompte, le saint Père éleva, en 1 835, la supérieure d'Angers au grade de chef général de l'ordre.

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Cet ordre a un double but; d'une part, il est, pour les jeunes filles, un refuge contre les séductions du siècle, de l'autre, il sert de maison de correction et d'amendement pour les filles perdues ou celles que différents malheurs ont égarées dans le monde. Les bâtiments sont distribués de telle sorte, que tout rapprochement entre les différentes classes de personnes y est absolument impossible ; ainsi l'innocence s'y trouve séparée de la corruption avec une délicatesse plus grande que cela n'a lieu d'ordinaire dans la société civile. Les différentes parties du bâtiment portent le nom du saint auquel elles sont particulièrement dédiées. La première division porte le nom de Classe de sainte Anne, et est destinée aux jeunes filles encore ' innocentes, dont la vertu court risque d'être exposée à de grands dangers à cause du scandale de leurs parents, et vu l'impossibilité où elles sont de pouvoir s'établir, ou pour d'autres motifs analogues. La deuxième classe, appelée Classe de sainte Madeleine, est destinée à recevoir les filles que la séduction, la légèreté ou la pauvreté a entraînées au dérèglement, et à les ramener à une conduite morale et chrétienne. Traitées avec tous les égards et les ménagements qu'inspire la charité chrétienne, on les habitue, par un travail entremêlé de prières et de chants, à une vie pieuse et active. Puis, après s'être complètement amendées, elles sont rendues à leurs familles ou bien on leur procure quelque établissement honnête et sortable. La troisième classe, connue sous le nom de Classe de saint Michel, reçoit de jeunes personnes qui ont été condamnées par l'autorité à entrer dans des établissements pénitentiaires. On s'efforce, par tons le< moyen? possibles, -à

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