PARTIE II. CHAPITRE II
11. Dans un hôtel suisse se trouvait réunie, le 1er janvier 1847, une nombreuse société dans le but de s'entretenir de questions politiques et religieuses. Pendant qu'on discutait, la porte s'ouvrit et Ton vit entrer un simple paysan qui probablement cherchait un asile où il pût se remettre des fatigues de sa route. A l'aspect d'une assemblée si nombreuse, il se sentit d'abord comme attéré; mais reprenant bientôt ses esprits, il salua l'assistance par ce salut tout chrétien : « Loué soit Jésus-Christ. » — Il n'y en eut qu'un seul homme généralement estimé et catholique, qui répondit : « Dans l'éternité. » Les autres, ouvrant de grands yeux et allongeant leurs figures, ne répondirent rien. Quelquesuns se mirent à sourire avec mépris et dédain, tandis que l'un d'eux, habitant de la maison et protestant, ou plutôt qui n'appartenait plus à aucune confession religieuse, se permit de répondre : a Celui-là n'est pas de la maison. » Le paysan nullement embarrassé sur ce qu'il devait répondre : a Comment, reprit-il, il ne fait pas partie de la maison! Ah, je le crois volontiers! — Et pourquoi le crois-tu volontiers, homme stupide ? — Eh ! reprit le paysan, vous autres, Messieurs, vous me paraissez être précisément du nombre de ces justes qui crucifieraient encore volontiers une seconde fois le Fils de Dieu, mais il ne veut plus mourir. Et puis, et puis... soit dit sans vous déplaire, Messieurs, il est un homme d'honneur, Lui, comme il n'en est pas, il rougirait de se trouver en pareille compagnie. » — Et, achevant ces mots, il ferma brusquement la porte, laissant la philosophique assemblée dans une rare stupéfaction (Kalol. Blalt. ans Tyrol. 1847. S. 458).
410 CATÉCniSHE HISTORIQUE.
COMPARAISONS
a. De même qu'un fils bien né s'intéresse à l'honneur de son père, un serviteur à celui de son maitre, un sujet sonmis à celui de son prince, et le soutient autant qu'il est en lui par ses paroles et par ses actions ; de même un bon chrétien doit prendre à cœur le respect que Ton doit à son Dieu et ne jamais permettre qu'il soit vilipendé.
I. A l'époque de la chevalerie, lorsque le prince recevait une injure, ses chevaliers ne le laissaient jamais combattre lui-même pour obtenir réparation de son honneur; mais ils le faisaient eux-mêmes et entraient joyeusement dans la lice pour venger l'affront de leur maitre. Nous devons, nous aussi, entrer courageusement dans l'arène pour reconquérir l'honneur de notre Père qui est aux deux.
Deuxième demande.
Que votre règne arrive. — Nous demandons par cette prière, que le royaume de Dieu s'étende et s'accroisse : 1° au dehors; 2° au dedans; 3° dans le ciel. — Nous demandons que le royaume de Dieu s'accroisse
4° Au dehors. C'est-à-dire nous demandons que le nombre des chrétiens se multiplie de plus en plus. On porte généralement le nombre total des habitants de la terre à 4000 millions, dont à peu près la moitié sont encore païens. Comme les apôtres, fidèles au précepte de leur Maître, allaient par toute la terre annoncer l'Evangile aux nations, ainsi, nous trouvons encore