PARTIE II. CHAPITRE II
aujourd'hui de fidèles et zélés imitateurs de leur conduite qui s'en vont, passant leur vie au milieu des infidèles, travailler à l'extension du royaume de Jésus- Christ. Voyez les efforts de ces hommes religieux et dévoués, les missionnaires! Ils quittent leur famille, renoncent aux douceurs de la vie, abandonnent parents, frères et amis, disent un éternel adieu aux jouissances de ce monde, parcourent les régions les plus reculées et s'exposent avec joie aux fatigues et aux périls de tout genre pour travailler à l'agrandissement du royaume céleste. — Quant à nous, à qui notre position ne permet pas de travailler personnellement à l'agrandissement du royaume de Dieu parmi les païens, nous devons au moins y contribuer par l'ardeur de nos prières, par d'autres bonnes œuvres que suggère l'amour du prochain ; par nos aumônes, nos dons et autres moyens semblables.
Nous allons rapporter quelques-uns des moyens intentés par la charité chrétienne, pour consolider et affermir de plus en plus l'œuvre de la propagation de la foi ou l'extension du royaume de Jésus-Christ.
a. Le collège de la Propagande. — Cet établissement, fondé à Rome par le pape Urbain VIII en 1627, est destiné aux jeunes gens des nations étrangères, et surtout des nations orientales, qui se disposent à l'état ecclésiastique. Par ordre d'Alexandre VII, tous les élèves de la Propagande s'obligent par serment à n'embrasser aucun ordre régulier sans la permission du Saint-Siège, à entrer dans les ordres sacrés sur l'avis de la congrégation de la Propagande, et à prêcher l'Evangile dans leur pays. Ces jeunes gens, envoyés la plupart par lea missionnaires, ne dépensent rien, ni
pour leur voyage, ni pour leur entretien, ni pour leur éducation, ni pour leur retour : la charité apostolique se charge de tous les frais. L'étude des sciences sacrées et profanes, enseignées par des maîtres habiles, occupe tous leurs moments. Depuis sa fondation, la Propagande a été une pépinière de missionnaires zélés, de vicaires apostoliques, d'évêques, d'archevêques et de martyrs.
La fête patronale de la maison est l'Epiphanie. Ce jour-là, les prêtres de différents rites de l'Orient et de TOccident, qui se trouvent à Rome, viennent offrir le saint Sacrifice dans le cénacle d'où partent incessamment les apôtres de toutes les nations. Vous voyez successivement à l'autel un prêtre grec, arménien, copte, maronite, syriaque, avec leurs ornements et leurs cérémonies variées, mais dont le fond est le même. L'office achevé, ils se réuissent dans une même salle pour célébrer ensemble les agapes ou repas de charité.
Pour compléter le spectacle, aux agapes succède la fête des langues. En présence des cardinaux ei d'une docte assistance, les jeunes élèves de la Propagande viennent célébrer les mystères de l'Epiphanie dans les langues de tous les peuples. On entend tour à tour l'hébreu, le syriaque, le samaritain, le chaldéen, l'arabe, le turc, l'arménien, le persan, le sabéen, le grec, le uan, le tumoul, le kurde, le géorgien, l'irlandais, l'écossais, l'illyrien, l'espagnol, le portugais, le français, l'albanais, le copte, l'éthiopien, et le chinois de toutes les espèces. C'est vraiment comme au jour de la Pentecôte à Jérusalem, où se trouvaient des hommes de toutes 1rs nation ' q>' ' n ' s us 'e ciel, proclamant en leur langue la grandeur de Dieu, Les assistants voient avec