PARTIE II. CnAPITRE II
attendrissement ces enfants de diverses parties du monde venus de cinq à six mille lieues de leur berceau, pour se préparer à l'apostolat et au martyre, à prêcher par toute la terre l'unité de foi, d'espérance et de charité dans la diversité des langues, et à sceller cette prédication de leur sang.
b. Dans le but de venir en aide aux missionnaires, tant par des prières que par des offrandes, on établit en France, l'année 1726, une association connue sous le nom à? Œuvre de la propagation de la foi, dont les deux sièges principaux sont à Paris et à Lyon. Cette institution a été approuvée par le pape et dotée de riches indulgences. Elle s'est répandue dans presque toute l'Europe. Pour y être admis, il faut y verser annuellement la modique somme de trois francs. Le résultat annuel des sommes dépasse ordinairement quatre millions. Il existe encore d'autres sociétés particulières, telles que, en Bavière, le Ludwigs-Verein, en Autriche, la Léopoldinen-Stiftung. Celui qui fait partie de ces associations et qui, selon la mesure de ses forces, leur aide à atteindre leur but, contribue aussi, comme nous le demandons par la seconde prière, à ce que le royaume de Dieu s'étende au dehors.
c. Une des plus belles institutions établies pour travailler à l'extension du royaume de Dieu, c'est l'Œuvre de la Sainte-Enfance. — Comme les païens qui vivaient avant Jésus-Christ, exposaient, vendaient et même assassinaient leurs enfants, nous voyons encore la même chose de nos jours dans plusieurs contrées païennes, nommément en Chine. Dans cet immense pays, chaque père a le droil de tuer son enfanl nouveau-né. Un pèro peu fortuné qui croit ne pouvoir nourrir facilement les
autres enfants qui naîtront, fait noyer dans un spqti d'rau l'enfant qui vient de naître, ou le fait jeter dans un fleuve, ou bien encore l'expose sur la rue, abandonné de tout secours. Dans la ville de Péliing, des charrettes parcourent^par ordre de l'autorité les rues de la ville, pour enlever les enfants qui y ont été exposés pendant la nuit, et les jeter tout pêle-mêle, ceux même qui respirent encore, dans une énorme fosse. Mais souvent, avant Farrivée des charrettes, les chiens et les pourceaux qui circulent par troupes nombreuses, les ont déjà à moitié ou totalement dévorés. Pendant l'espace de trois ans seulement, 9,712 enfants ont été ainsi enlevés et précipités dans les fosses, sans compter ceux qui ont été fracassés sous les pieds des chevaux, ceux qui ont servi de pâture aux animaux immondes, ou qui ont été jetés à l'eau par leurs propres parents. Les missionnaires catholiques regardent comme un de leurs principaux devoirs de rechercher ces pauvres enfants délaissés ainsi par leurs parents dénaturés, et de les porter dans des maisons, où ils les baptisent, les élèvent et pourvoient à leur subsistance. Souvent aussi, les Chinois vendent leurs enfants plus âgés; surtout les fumeurs d'opium, pour en retirer quelque argent. (La manie de fumer de l'opium est une passion furieuse chez les Chinois; ils vendent tout ce qu'ils possèdent, femmes et enfants, pour avoir de quoi contenter cette passion). Ils vont fréquemment trouver les missionnaires et leur offrent leurs enfants pour quelques pièces d'argent, en leur déclarant que, s'ils ne les achètent, ils les noieront ou les vendront aux Mahométanfl qui fout en Chine an grand commerce d'esclaves. Les missionnaires les recueillent pour obvier à un plus grand