PARTIE II. CHAPITRE II
mal ; mais les enfants qu'ils adoptent ainsi, soit en les achetant, soit en les ramassant sur la rue, leur occasionnent des dépenses considérables, car ils sont obligés de les nourrir et de les élever. Afin de subvenir à leur détresse, ils ont tourné leurs regards vers leurs frères de l'Europe pour les engager à leur venir en aide dans l'œuvre magnifique du rachat des enfants et contribuer à leur donner une éducation chrétienne. C'est au noble et généreux évêque de Nancy, Forbin-Janson, qu'on doit l'institution connue sous le nom d'GEuvre de la Sainte-Enfance. Confiée à la protection spéciale de l'enfant Jésus et placée sous le patronage de la divine Mère de Dieu, déjà elle opère les plus merveilleux effets. Elle compte plusieurs associés en France, en Belgique, et dans plusieurs autres pays, même en Amérique. Des parents chrétiens y font souvent inscrire leurs enfants, et envoient tous les mois ou annuellement une somme déterminée pour chacun d'eux, afin d'attirer, en coopérant ainsi à la délivrance de ces pauvres enfants de la Chine, la bénédiction de Dieu sur leurs propres enfants. — A Toulouse seulement, 4,000 enfants font partie de cette Société, on en voit parmi ceux des riches familles se priver d'une partie des objets destinés à leurs amusements pour en donner la valeur à leurs petits protégés des contrées païennes. D'autres vident leur bourse d'épargnes, et au lieu d'en employer l'argent à se procurer les divertissements de leur âge, lo donnent à l'Œuvre de la Sainte-Enfance. Ils demandent aussi, ces pieux enfants, dans leur prière, la bénédiction et la grâce du Seigneur pour le salut de leurs pauvres frères et sœurs de la Chine. Dans le rapport publii' le 0 mai 1846, par le président de la Société,,
l'archevêque de Chalcédonie, il existe un compte-rendu sur l'emploi de l'argent, duquel il résulte que la Société de la Sainte-Enfance a déjà envoyé 43,500 fr. aux missionnaires. A cette somme ont contribué soixantesix villes de France, sans compter plusieurs autres de l'étranger, telles que, Brugelette, Bruxelles, Louvain, Ostende, Schaiïhouse, Ôfen, ïrieste et Vienne. — Comme elle est belle l'œuvre d'une semblable Société, et quelle part ne peut-elle pas revendiquer au bonheur accordé à tant de milliers d'enfants délaissés, arrachés par elle à une mort cruelle, et reçus sur la terre dans le royaume de Dieu! {Nach S ion, Jahrg. S. 785).
d. Parmi cette foule innombrable de missionnaires, qui, durant tout le cours des siècles du christianisme, ont voué leurs efforts à étendre au dehors le royaume de Dieu, nous voulons, pour ne pas être trop long, arriver directement à saint François Xavier. Il était né en 1506, au château de Xavier, près de Pampelune en Espagne. Lorsqu'il fut entré dans l'ordre nouvellement fondé par saint Ignace, il fut, en 15i0, chargé, à sa grande satisfaction, par le pape et par le fondateur de l'ordre, Ignace, d'aller annoncer l'Evangile dans les régions les plus reculées de l'Inde, et d'y travailler à l'extension du royaume de Jésus-Christ. Déjà sur le vaisseau, il s'appliquait à instruire les matelots sur les premières vérités du christianisme, que la plupart ou . du moins très-peu d'entre eux ne connaissaient pas. Debout au pied du grand màt, il prêchait tous les dimanches et les jours de fêtes à ceux qui se trouvaient avec lui dans le vaisseau, Au bout de treize mois, il arriva à Goa dans Les Indes, où, après avoir exhorté avec instance les chrétiens qui étaient tombés dans un