‹ Catéchisme historiqueChapitre 213 sur 275 · PARTIE II. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE II. CHAPITRE II

grand relâchement et qui n'étaient plus chrétiens que de nom, il commença l'œuvre de ses missions parmi les infidèles. Il fit, comme propagateur du royaume de Dieu, plus de cent mille lieues de chemin à pied, annonça l'Evangile dans plus de cent contrées, et baptisa de sa propre main au delà de deux cent mille païens. — Comme un roi lui offrait un jour une grande quantité d'or et d'argent, le saint homme répondit qu'il n'était point venu pour ramasser des trésors, mais pour ouvrir à tous le grand trésor de la connaissance du vrai Dieu. A ces paroles, le roi lui accorda sa demande et lui permit d'annoncer l'Evangile dans son royaume. Au milieu des souffrances et des privations qu'il eut à supporter pendant ses voyages, il était sans cesse inondé de consolations célestes, car il avait mis toute sa confiance en la sainte volonté de Dieu. La plus juste et la plus solide consolation, c'est celle que Dieu envoie à ceux qui s'occupent à instruire les ignorants. Pour obtenir cette consolation, aucun danger ne doit nous effrayer.

Après avoir travaillé pendant longtemps et avec les plus magnifiques résultats à l'extension du royaume de Dieu, dans les Indes, sur plusieurs îles et dans le Japon, et mérité, à juste titre, d'être appelé l'apôtre des Indes et du Japon, il mourut d'une fièvre violente le 2 décembre d552, dans une misérable cabane. Ses dernières paroles furent : « J'ai espéré en vous, Seigneur, je ne serai point confondu dans l'éternité. » — Ses précieux restes reposent à Goa dans un tombeau remarquable: Lorsque, près de deux siècles plus tard, en 1744, on ouvrit son tombeau à la demande du roi de Portugal, il fut constaté par des témoignages irre-

ensables, que son corps était dans le même état d'intégrité et de fraîcheur que lorsqu'on l'enterra pour la première fois. — Il fut béatifié en 1619, et canonisé l'année 162v2 {Nach Turselin u. Buttler).

e. Les jésuites, les dominicains, les franciscains et autres ordres religieux, se sont particulièrement distingués dans les derniers temps dans l'œuvre des missions. On écrirait des volumes si on voulait redire tous les efforts qu'ils ont faits pour l'agrandissement du royaume de Dieu. Impossible de se faire une idée de ce qu'ont souffert et souffrent encore ces nobles missionnaires, pour augmenter le nombre des enfants du christianisme. Dans le zèle qui les emporte, les missionnaires abandonnent une patrie chère à leur cœur, disent adieu, un adieu presque toujours éternel à tout ce qui leur était encore précieux sur la terre, et partent pour des régions étrangères, souvent barbares et sauvages. Livrés bientôt au plus affreux dénûment, exposés à l'influence délétère d'un climat inaccoutumé, obligés de se livrer à l'étude de nouvelles langues pour enseigner les vérités les plus relevées à des peuples à demi ou complètement sauvages; chaque missionnaire est presque en droit de dire ce que disait de lui-même le plus grand missionnaire, saint Paul (2. Cor. 11.) : « Combien de voyages et de dangers j'ai supportés, soit sur les fleuves, soit au milieu des brigands, soit avec mes propres concitoyens (tels sont par exemple, les Altanands qui «'migrent en Amérique, dont la conduite envers les missionnaires allemands de ce pays n'est souvent rien moins que fraternelle), soit au milieu Gentils, soit dans <les vil].-», soit dans Les (déserts, soit au milieu des faux frères (comme les

Page 1