PARTIE II. CnAITÏRE II
missionnaires des confessions protestantes et leurs partisans, qui suscitent souvent de graves embarras aux missionnaires catholiques). » Ajoutez-y les fatigues et les misères de tout genre ; tant de nuits sans dormir, la faim, la soif, souvent le jeûne, le froid, et le manque de vêtements! Nous ne parlerons pas des courses journalières qu'ils sont obligés de faire pour l'administration et le soin des paroisses. Ainsi, plus d'un missionnaire dans Test de l'Amérique est chargé de l'administration d'un district, d'une étendue de plus de 100 milles (anglais), de telle sorte qu'il est astreint aux voyages les plus pénibles s'il veut visiter seulement deux ou trois fois par an chacune des paroisses ainsi dispersées. Arrivé là, quoique fatigué et abattu par un long et pénible voyage, il est obligé, jour et nuit, de faire le catéchisme, de prêcher, de confesser et d'administrer les sacrements. Cependant, au milieu de leurs pénibles travaux, les missionnaires goûtent des consolations bien douces, et se trouvent abondamment récompensés de leurs labeurs par la conduite édifiante des nouveaux convertis. Citons seulement un exemple parmi ceux que nous trouvons dans leurs lettres. Le missionnaire, M. Badin, qui avait sa station à Michigan sur les bords du fleuve Saint-Joseph en Amérique, écrit le 17 décembre 1830, qu'il rencontra un jour, sur sa route, une troupe d'Indiens, de Kikapoos, qui étaient déjà convertis, et qu'il leur exposa deux fois la parole de Dieu et leur expliqua entre autres le a Pater et le Décaloguc. » L'un des plus âgés et des plus considérés d'entre eux, lui dit : « Mon père, votre langage est celui de la vérité. En vous entendant, je sens que le souvenir de la présence de Dieu me remplit d'an zèle
ardent. Vous êtes un serviteur du Dieu de la vie et vous venez de nous expliquer sa parole. » Je ne saurais décrire, continue le missionnaire, combien ces Indiens sont modestes et attentifs, combien ils me paraissent doux, simples et innocents. Ils sont sobres, tempérants etpleinsde dévotion. Deux fois le jour, ils arrivent du village composé d'environ quarante familles et se réunissent pour prier. Au milieu du village, se trouve un arbre sur lequel ils déposent tous les objets trouvés dans le pays, afin que le propriétaire puisse venir les y chereber. Ils le nomment Y arbre de la probité. Ce bon peuple a beaucoup à souffrir des colons blancs qui lui font endurer les plus durs traitements, traitements qu'ils supportent avec une grande patience. J'y ai baptisé quarante-buit enfants et un adulte, mais il reste encore plus de quatre-vingts catéchumènes qui se préparent au baptême et qui tous brûlent d'un désir ardent de recevoir les enseignements de la foi, afin de pouvoir être admis au baptême. Je leur promis de revenir les trouver l'été suivant si cela était possible, car les prédisants méthodistes pourraient bien nous enlever ce bon peuple, comme ils ont tenté de le faire avec une paroisse catholique située sur le fleuve Senecca. — Il est surprenant de rencontrer tant de vertu parmi ces sauvages auxquels je porte une affection vraiment cordiale. Tout grossiers et ignorants qu'ils sont, quelques-uns d'entre eux mènent une conduite infiniment plus vertueuse que plus d'un chrétien instruit de sa religion. Ils jeûnent souvent et mettent tous leurs soins à se préparer au baptême. Tendant le peu de temps que j'eus l'occasion de les observer, je les trouvai toujours lideles à leurs résolutions et à leurs promenés. Va