PARTIE II. CHAPITRE II. i?j
la volonté de Dieu, c'est celui que le Sauveur nous a donné lui-même sur la montage des Olives , lorsqu'il fit cette prière : « Seigneur, que votre volonté se fasse et non pas la mienne! » (Luc, 22). Cet exemple, tous les vrais disciples du Seigneur l'ont imité. — Citons-en quelques traits.
c. Saint Macaire, interrogé par deux personnes qui lui demandaient comment elles devaient prier, leur fit cette réponse : « Il n'est pas besoin de beaucoup de paroles. Contentez-vous de dire au Seigneur avec les sentiments d'un cœur droit et sincère : « Mon Seigneur et mon Dieu, je veux ce qu'il vous plaît, que votre volonté soit faite ! — Le Seigneur sait mieux que personne ce qui nous est véritablement utile (Lc-hn. Bibl. m. 24).
d. Sulpice Sévère raconte qu'on ne vît jamais saint Martin, ni triste, ni en colère, mais qu'il était toujours content, à cause de la soumission parfaite de sa volonté à celle de Dieu [Ibid.).
e. Un homme aussi distingué par sa science que par sa piété, étant sur le point de mourir, fut prié par ses amis de leur laisser en souvenir quelque salutaire précepte : a Le principe de toutes les vertus et comme le résumé de tous les préceptes, leur dit-il, d'un air serein, repose dans l'acceptation patiente et résignée de tout ce qui nous vient de la main de Dieu, et dans la disposition où nous devons être de ne vouloir jamais autre chose que ce que Dieu veut. » {Ibid.).
f. Un homme très-versé dans la science de Dieu vit un jour un mendiant près de la porte d'une église et lui souhaita le b on jour. Le pauvre lui répondit qu'il n'avait jamais eu que de bons jours et qu'il n'en connaj
pas de mauvais. Comme le savant s'en étonnait et lui demandait dans quel sens il l'entendait, le mendiant lui répondit qu'il regardait tous les jours pour bons, parce que tous ils venaient de Dieu qui est la bonté même. Il en fait tourner tous les événements à notre avantage, parce qu'il agit toujours d'après des vues de sagesse et de bienveillance.
g. Sainte Lydvine répétait de temps en temps cette belle prière : « Ce qui m'est le plus agréable, Seigneur, c'est que vous ne m'épargniez jamais, mais que vous me traitiez toujours avec une sage rigueur; car ma plus douce consolation est de faire votre volonté. » [IHd.).
h. Lorsque sainte Elisabeth de Thuringe apprit que son époux était mort sur le champ de bataille, elle se tourna aussitôt vers le Seigneur et lui adressa cette prière : « Seigneur mon Dieu, vous savez que la pré» sence de mon époux m'eut causé plus de joie que toutes les délices de la terre ; cependant, puisqu'il vous a plu de me l'enlever, je me soumets de tout mon cœur à votre sainte volonté. Lors même que je pourrais le rappeler à la vie en donnant seulement un cheveu de ma tète, je ne voudrais pas le faire, si cela était contraire à votre volonté. » {Ibid.).
i. Autrefois vivait dans un couvent un modeste religieux dont la prière opérait de nombreuses guérisous ; on s'en étonnait d'autant plus, qu'on ne remarquait dans cet homme aucun signe particulier de sainteté. Le supérieur du couvent le prit un jour à part, et voulut savoir de lui pourquoi le Seigneur opérait par son intermédiaire des guérisons aussi prodigieuses : a Je suis moi-même très-étonné, répondit le religieux,