PARTIE n. CHAPITRE II
meut. Tranquille et résigné , il remonta à cheval, s'approcha du feu comme un homme qui veut s'échauffer (c'était précisément dans une des journées les plus froides de l'hiver), en disant ces paroles : « A un vieillard comme moi , le fourneau fait toujours du bien ! » — C'est ainsi que savait se résigner ce généreux vieillard et supporter avec une entière soumission à la volonté de Dieu la perte considérable qu'il avait essuyée (Sa vie.).
n. L'histoire nous fait voir par de nombreux exemples comment Dieu punit ceux qui préfèrent leur volonté propre à la sienne.
« Une mère n'avait qu'un enfant : c'était un petit garçon. Il arriva que cet enfant tomba malade ; la maladie fit des progrès si effrayants , que tout remède devint bientôt impuissant. C'en était fait de lui, il allait mourir. Dans les commencements, la mère fut en proie à de mortelles angoisses ; mais lorsqu'elle vit clairement qu'elle perdrait bientôt son enfant , le désespoir lui enleva bientôt la raison, car cet être lui était plus cher que tout au monde, plus cher que Dieu lui-même. Lorsque le curé de l'endroit en fut informé, il se rendit dans cette maison , pour tâcher de consoler la mère et lui inspirer des sentiments de résignation ; mais ce fut en vain. Il essaya d'un autre moyen. Debout auprès du lit de l'enfant, il se mit à prier non pas tant pour l'enfant que pour la mère. Il disait entre autres choses : « Seigneur, si telle est votre volonté, rendez la santé à cet enfant. » La mère , entendant ces paroles , poussa des cris de fureur et de rage. Ne dites pas, si telle est votre volonté, je ne saurais entendre ces paroles; il faut que ce soit sa volonté, Dieu ne peut pas permettra
110 CATÊCÏ1ISME HISTORIQUE.
que mon enfant meure. Le curé fut épouvanté de ces paroles; il ne lui resta plus qu'à se retirer. — Contre toute attente et à la joie indicible de la mère, l'enfant revint en parfaite santé. 11 grandit non-seulement en corps, mais encore en malice et en méchanceté, et ne cessa de désoler sa mère par les chagrins et les soucis cuisants qu'il lui causait. Pour comble de malheur, cette infortunée mère fut condamnée à voir de ses propres yeux son enfant coupable d'un crime capital porter sa tète et mourir sur un échafaud. — C'est pourquoi gravez profondément cette pensée dans votre esprit : Ne résistez pas à la volonté de Dieu par de coupables discours ou par une criminelle opiniâtreté, car il pourrait, si sa volonté vous déplait, permettre que la votre s'accomplisse, ce qui souvent est un grand malheur ; ne cessez donc de répéter toujours : « Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » (Kaleud* fïlï Zelt u. Evigh. 1845.).
SENTENCES
Coux-là ont le cœur droit qui se soumettent en toutes choses à la volonté de Dieu. Tantôt c'est sa volonté que vous soyez en santé, tantôt que vous soyez malade. Si, quand vous êtes malade, la volonté de Dieu vous paraît dure, vous n'avez pas encore un cœur tout à fait bon, car vous ne voulez pas diriger votre volonté d'après celle de Dieu ; sa volonté est juste et droite, vous seul êtes dans l'erreur. Vous devez assujettir et plier votre volonté à celle de Dieu, et non celle de Dieu à la votre (S. Au p. m Ps. 35.)
b. Le fondement de toute l'humilité, c'est l'entière