PARTIE II. CHAPITRE II
recueillir les restes, afin que rien ne fût perdu, nous montre quel soin nous devons avoir de la nourriture qu'il nous envoie.
Lorsque le Seigneur mangea la dernière Pàque avec ses disciples, il chanta avec eux un cantique de louanges , puis il se dirigea vers la montagne des Oliviers (Matth. 26, 30.).
c. L'exemple du Seigneur fut aussi imité par les apôtres : Lorsque Paul fut fait prisonnier pendant son voyage à Rome, le vaisseau fut exposé à un grand danger, et tous ceux qui s'y trouvaient paraissaient découragés et furent longtemps sans prendre aucune nourriture. Paul les avertit de manger quelque chose ; luimême prit du pain, fit, en présence de tous, une prière d'actions de grâces, le rompit et se mit à manger (Act. 27, 35.).
d. Tertullien écrit sur les mœurs des chrétiens de son temps : a Nous ne nous mettons à table qu'après avoir préludé par une prière à Dieu. On mange autant qu'on a faim, on boit autant que la chasteté le permet. Après qu'on s'est lavé les mains (1), on allume les flambeaux, chacun est invité à chanter des cantiques tirés des saintes Ecritures ou qu'il compose lui-même, et par là on fait connaître si Ton a bu avec excès. Le repas finit comme il a commencé, par la prière, et nous nous quittons avec modestie et pudeur» (Tertull. Apolog. c. 39).
e. Outre les prières ordinaires des repas, on établit encore de bonne heure des prières pour demander à Dieu le pain quotidien et le prier de faire prospérer les
(1) Les anciens se lavaient les mains après les repas, parce qu'ils mangeaient sans couteau ni fourcheite, et qu'ils trempaient leurs doigts dans le plat pour saisir les morceaux.
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fruits de la terre, de préserver de la famine et autres fléaux. Grcgoirc-lc-Grand parle déjà des prières qui se font le jour de la fête de saint Marc, et qui portent le nom de Rogations. Les processions des Rogations qui se font trois jours avant l'Ascension ont été, dit-on, introduites en France par saint Maniert, évèque de Vienne, dans la deuxième moitié du cinquième siècle. D'effroyables fléaux, tels que des tremblements de terre, des incendies innombrables et les ravages de bêtes féroces désolaient alors le pays. A cette vue, le saint résolut d'établir des jours de jeûnes et des processions solennelles afin de désarmer le bras du souverain Juge, d'éloigner les manieurs et d'obtenir la bénédiction du ciel. On cboisit les trois jours qui précèdent l'Ascension pour rappeler aux chrétiens qu'ils doivent prier au nom de Jésus, qui nous y a lui-même exhortés avec promesse de nous exaucer (Jean, 46, 23.). Telle fut l'origine de la semaine des Rogations. Introduite d'abord dans l'église de Vienne, elle se répandit bientôt dans toutes les provinces de France, puis ensuite dans toute l'Eglise. 11 n'est pas jusqu'aux païens qui n'aient eu une espèce de procession. D'après une ancienne coutume de l'Italie, les païens célébraient une fête qui portait le nom d'Ainbarvalia (du mot amllre, parcourir, et arvum, campagne), pendant laquelle on immolait un animal, qui était ordinairement un porc. Avant < • L'étrangler, on le conduisait solennellement en proii à travers les campagnes pour demander à la ;ité des fruits de la terre. IVne cérémonie, un exécutait des chants avec acoompagnement de divers instruments de musique (ÙUb. U. G. 14.).