PARTIL II. CHAPITRE II
Les Litanies tirent aussi leur nom du Paganisme. D'après les traditions poétiques de la Grèce, il y avait une déesse de la Folie, nommée Até, qui faisait tomber les dieux eux-mêmes dans de folles entreprises. Ayant un jour fait tomber Jupiter dans un piège qui le couvrit de ridicule, confus et courroucé, celui-ci la saisit par ses boucles d'or et la précipita sur la terre, jurant que jamais il ne l'admettrait plus au rang des dieux. Depuis ce temps, elle erre vagabonde sur la terre et cherche à faire tomber les mortels dans toutes sortes de folies ; heureusement, elle est suivie par des sœurs pieuses appelées Lita (prières) qui s'efforcent de paralyser les effets de sa pernicieuse influence ! Jupiter est leur père, il rend heureux ceux qui les honorent, et lance au contraire les foudres de sa colère sur ceux qui les méprisent. Elles ont sans cesse le regard tourné vers le ciel. — Surprenante fiction! C'est de ces Lita qu'est venu le nom de Litanies (Annegarri's Weltgesch. 1. B.).
2° Nous devons travailler pour obtenir notre pain quotidien. •
a. Salomon s'adressant au paresseux : «Allez, lui dit-il, trouver la fourmi, examinez sa conduite, et apprenez d'elle à devenir sage. Sans chef, sans maitre, sans supérieur, elle fait ses provisions pendant l'été, afin d'avoir de quoi se nourrir » (Prov. 6, 6.).
b. Le Fils de Dieu confié à Joseph qui était chargé de pourvoir à sa subsistance, lui facilitait sa tâche non en faisant des miracles, mais en l'aidant du travail de ses mains. — Nous ne voyons jamais que Jésus, qui cependant avait le pouvoir de nourrir des milliers d'hommes avec quelques pains, en ait fait une seule fois usage dans la maison de ses parents; il se contcn-
tait de leur aider,, par son travail, à obtenir ce qui leur était nécessaire.
c. Saint Paul, qui avait appris à faire des tapis, écrit, en parlant de lui-même, aux Thessaloniciens. (2. Thess. 3, 7 et 10.) : « Vous savez si jamais nous avons été inoccupé au milieu de vous, si jamais quelqu'un d'entre vous nous a entretenu gratuitement ; ou si plutôt nous ne travaillions pas jour et nuit afin de n'être à charge à aucun d'entre vous. » Puis il ajoute : a Avons-nous cessé de vous dire en toute sévérité : que qui ne travaille pas ne doit pas non plus manger ! »
d. Un ermite étant un jour venu rendre visite à l'abbé Silvain qui habitait sur le mont Sina'i, et s'étant aperçu que les moines travaillaient, leur dit: «Pourquoi travaillez-vous avec tant d'ardeur pour une nourriture périssable ? Marie n'a-t-elle pas choisi la meilleure part, et Marthe n'a-t-elle pas été repoussée par le Seigneur à cause de son occupation? » Sans répondre à cette interpellation, saint Silvain fit donner un livre à l'ermite étranger et lui assigna une cellule inhabitée. A trois heures de l'après-diner, Termite attendit vainement qu'on vint l'appeler pour le repas ; personne ne se présenta. Enfin, ne pouvant plus résister à la faim qui le tourmentait, il alla trouver l'abbé, et lui dit : « Mon père, les moines ne tnangent-ils pas aujourd'hui? » Mais l'abbé lui répondit que tous avaient déjà mangé; — Eh! comment se fait-il qu'on ne m'a pas invité? — Comment? reprit saint Silvain en souriant, parce que, comme Marie, vous prétendez avoir choisi la meilleure part: puisque vous regardez le travail comme superflu, il est probable que vous ne vivez que de nourriture spirituelle; quant à nous, qui sommes revêtus