PARTIE II. CnAPITRE II. 4-iO
3° Nous devons en outre partager notre pain quotidien avec les pauvres.
a. Comme les amis de Job lui reprochaient que les souffrances qu'il endurait étaient le résultat des fautes secrètes qu'il commettait, il en appela, pour se justifier, à la libéralité dont il avait si souvent donné des preuves :
Ai-je refusé de satisfaire aux désirs du pauvre?
Ai-je fait attendre les yeux de la veuve?
Ai-je mangé seul mon pain, ou plutôt ne l'ai-je pas partagé avec l'orphelin ? Car la compassion est sortie avec moi du sein de ma mère.
Ai-je laissé un pauvre sans le couvrir et un malheureux sans lui donner des vêtements?
Non ! les membres de son corps m'ont remercié de les avoir réchauffés avec la toison de mes brebis (Job, 31, 16).
I. Nous lisons dans l'Ecriture ce beau passage sur Tobie : « Tout ce qu'il pouvait avoir, il le partageait avec ses frères captifs et ses concitoyens. » Se voyant sur le point de mourir, il fit cette belle leçon à son fils : a Soyez charitable autant que vous le pourrez. — Si vous avez beaucoup, donnez beaucoup; si vous avez peu, donnez volontiers le peu que vous aurez. Partagez votre pain avec les bienfaiteurs, et donnez des vêtements à ceux qui n'en ont point. » (Tob. 1, 3. et 4. 9. 17).
En général on peut dire que la générosité, l'hospitalité, le soin dés étrangers et des malheureux étaient, en Orient, une vertu nationale; on se rappelle comment Abraham courait au-devanl des étrangers (4. M* I8.)j on se souvient de la loi mosaïque qui ordonnait d"ein-
ployer la dixième partie du produit de chaque troisième année à l'entretien des lévites, des veuves, des orphelins et des étrangers. On connaît la conduite de Booz glanant des épis {Ruth, 2). — Procockes dit dans sa description de l'Orient (1. Thess. p. 57^, qu'il n'est pas rare de voir les illustres même d'entre les Arahes prendre leurs repas devant leur tente, non loin du chemin, et inviter les passants et les pauvres à venir manger avec eux. Ceux-ci se rendent à leur invitation, mangent à leur appétit, puis continuent leur chemin.
c. Mais c'est surtout dans le christianisme qu'il faut voir se déployer avec amour et succès la générosité et la libéralité. Depuis que le Sauveur a déclaré qu'il rendra au centuple tout ce qu'on aura fait au plus petit de ses frères (Mat. 25), tous les vrais disciples de Jésus se sont efforcés, par leur charité envers les pauvres, de se rendre dignes de voir s'accomplir en eux ces magnifiques promesses. — Saint Luc écrit au sujet des premiers chrétiens de Jérusalem (Act. 2, 44) : « Tous les fidèles vivaient ensemble et tout était commun entre eux. Ils vendaient ce qu'ils possédaient, et en partageaient le profit entre eux, chacun selon ses besoins. • — Une grande famine ayant éclaté dans la Judée, sous l'empereur Claude, les chrétiens d'Antioche décidèrent que chacun d'eux enverrait quelques secours à ses frères de la Judée. Paul et Barnabe furent chargés de les leur faire parvenir (Act. H, 18).
d. Les premiers chrétiens possédaient déjà une espère de Caisse des pauvres. Voici comment en parle Tertulben; « Nous avons une espèce de trésor parmi nous, c'est un argent qu'on amasse sans déshonorer la reli-