‹ Catéchisme historiqueChapitre 230 sur 275 · PARTIE II. CHAPITRE IL 4 j · texte numérisé non relu

PARTIE II. CHAPITRE IL 4 j

humble en ressentait de joie. — Il devint plus tard archevêque de Prague et mourut martyr (Ber. Berc. Hist. del'Egl.v. 10).

&. Les parents d'un pauvre enfant de Paris, se voyant réduits à la dernière extrémité et ne pouvant plus pourvoir à leur entretien ni à celui de leur famille, lui ordonnèrent, comme il était encore trop faible pour gagner sa vie en travaillant, d'aller mendier son pain. Deux jours déjà s'étaient écoulés, et c'était en vain qu'il avait demandé à tous les passants une petite aumône pour calmer sa faim. — Epuisé, il s'assit sur une borne et se mit à pleurer amèrement. Un autre enfant, pauvre comme lui, venant à passer, lui demanda d'un air de compassion pourquoi il pleurait ainsi : « Hélas î répondit l'enfant en poussant des sanglots, j'ai faim, horriblement faim ! depuis avant-hier je n'ai pris absolument aucune nourriture. — Je soutire aussi moimême de la faim, reprit l'autre enfant, et n'ai que ce morceau de pain; mais comme tu as certainement plus faim que moi, je veux bien le partager avec toi. Tu auras la plus grande moitié, moi je me contenterai de la plus petite. » — C'est ainsi qu'un pauvre consolait et nourrissait un autre pauvre (Hubers zweites Gebot der Liebe).

I. Le calendrier a pour le temps et V éternité d (18 ïG, p. 23), nous raconte un touchant exemple tiré de la vie domestique des habitants de la Flandre, parDlépenlroch, «En 18 il, vivait à Anvers, pondant un hiver rigoureux, une famille réduite à la dernière extrémité. Dans la chambre qu'elle habitait, il faisait aussi froid que dans la rue. l'n pauvre enfant gisait sur un misérable lit placé au milieu de la chambre. A voii ses joues

pâles et amaigries, il était impossible de ne pas croire qu'il dût bientôt prendre sa place dans un autre lit, où l'on ignore ce que c'est que le froid et la faim. A côté de lui était assise une jeune femme, les deux mains sur sa figure, babillée légèrement et pauvrement. Ah, oui! c'était à faire saigner le cœur!

» Je ne sais ce qu'elle faisait assise là! Pourquoi ces larmes qui humectaient ses mains et baignaient sa figure ! Sans doute elle avait pleuré!

» Soudain, une voix partie de derrière le fourneau, froid comme glace, fit entendre ces cris : « Mère, ô ma bonne mère, j'ai faim ! » c'était nn petit garçon de 5 à 6 ans qui criait ainsi. Mais la mère ne répondait rien, et restait assise comme si elle eût été morte. — L'enfant se mit à crier de nouveau : a O donne-moi seulement un petit morceau à manger, je ne puis presque plus y tenir. Ah! je t'en prie ! » — Et la mère, levant au ciel ses yeux dans lesquels on lisait le désespoir et la douleur, disait : a Au nom de Dieu, tais-toi, Jean, moimême je meurs de faim ! » Mais le petit ne cessait de répéter: — « Seulement un tout petit morceau; ah! je t'en prie, je t'en conjure! » Et la mère, ne pouvant plus résister à ses instances, prit un petit pain d'un kreuzer qui se trouvait sous le lit, et le lui donna en disant : a Tiens, tu l'as maintenant, je le conservais pour faire un petit bouillon à ta sœur, mais cette pauvre créature n'en aura bientôt plus besoin, d

L'enfant se précipita sur le morceau de pain comme eût fait un loup affamé, et, cependant, après en avoir dévoré la moitié, ce qui ne fit qu'accroître sa faim, il rapporta l'autre à sa mère en lui disant bien tendrement : a Vois-tu, j'ai épargné cette moitié pour ma

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