PARTIE II. CHAPITRE II
crime, et que ces considérations lui donnaient la force de résister. — Le troisième déclara qu'il se prosternait la face contre terre et implorait la miséricorde divine et l'assistance de la sainte Vierge, et qu'il ne cessait de conjurer et de prier que quand la tentation avait disparu. Le quatrième dit enfin : « Dès que je remarque que la tentation approche, je me hâte de fermer les fenêtres et les avenues de mon cœur par de pieuses méditations; je place aussi l'image de mon Sauveur crucifié devant la porte de mon cœur en guise de sentinelle. — Quand vient la tentation qui frappe et demande à entrer, je réponds de l'intérieur : il n'y a point ici de place pour vous ; déjà toutes les places sont occupées ; éloignez-vous d'ici , éloignez-vous ! — Ces paroles, je les répète jusqu'à ce que la tentation soit partie. » — « Votre conduite, reprit le premier frère, me paraît la plus sûre ; il ne faut pas même permettre à la tentation de pénétrer dans notre cœur, car alors elle s'y fortifie, nous suscite de violents combats, dont il est rare qu'on sorte vainqueur» [Idem. Serai, deluxur.).
g. Une personne eut un jour l'audace de venir trouver Thomas cTAquin, ce jeune homme d'une pureté angélique, dans l'intention de lui ravir son innocence. A l'instant ce chaste héros recourut à la prière et se mit à réciter hautement cette formule : « Ne permettez pas, ô mon Seigneur Jésus et vous la plus pure d'entre . ierges, Marie, mère de Dieu, que je perde le précieux trésor de l'innocence. » — Fortifié par cette prière, il saisit sur le foyer un tison ardent et mit ainsi en fuite sa séductrl . us)*
Dieu envoie aussi des Uni ".lions aux justes, afin de mettre leur vert:: à l'épreuve*
474 CATÉCHISME mSTORTQUE.
a. Abraham fut oblige de subir une rude épreuve pour prouver qu'il aimait Dieu par dessus tout. Le Seigneur voulut qu'il immolât son fils bien-aimé, et Abraham obéit à la voix du Seigneur. — Dieu envoya à son fidèle serviteur Job toutes sortes de tribulations et de souffrances; et, outre ses douleurs corporelles, il lui fit encore supporter les vexations de sa femme et de ses amis, afin qu'il prouvât qu'il n'était pas vertueux par amour-propre. — Joseph dut déjà dans sa jeunesse passer par l'école des souffrances, afin que sa vertu fût soumise à une solide épreuve.
De quelle mer d'afflictions ne fut pas abreuvé le généreux Tobie, lorsque, frappé de cécité, privé de ses richesses au moment même qu'il répandait les bienfaits à pleines mains, il se vit encore en butte aux reproches de sa femme et aux railleries amères de ses amis ! Mais l'Ecriture sainte nous répond par ces paroles : « Dieu lui envoya toutes ces épreuves afin que, comme Job, il laissât à la postérité un exemple de patience. » {Tob. 2, 12). Quelles ne furent pas les douleurs qu'eut à supporter Marie, cette créature de toute sainteté, elle, la plus pure de toutes les reines, la mère d'un Dieu ! < >n peut l'appeler en toute vérité la mère des douleurs. Cependant au milieu de toutes ses afflictions, elle ne fut pas moins digne d'être appelée la « servante du Sci- » gneur » dont elle se montra toujours disposée a faire la volonté. Les fidèles disciples de Jésus furent soumis à randes tentations, subirent de rudes épreuves, et néanmoins ils Lui restèrent constamment dévoués, et se conservèrent intacts comme l'or dans la fouie 1 «tons le Louchant langage de L'Apôtre des nations, lui oui avait aus^i été exposé à tant de tribulations