TAUTIS II. CHAPITRE II
{Rom. 5.) : « Nous nous faisons une gloire de souffrir, parce que nous savons que c'est par les souffrances que Ton arrive à la patience, par la patience à l'épreuve et par l'épreuve à l'espérance : or l'espérance n'est point trompeuse. »
b. Un ermite vint un jour trouver Fabbé Pastor, et lui dit : « Mon père, j'ai prié Dieu et il m'a délivré de toute espèce de tentations. » L'abbé lui répondit : « Retournez-vous-en vite, et conjurez-le de vous en envoyer de nouvelles, de peur que le relâchement et l'indifférence ne s'emparent de votre cœur. » (Lohn. Bibl. ni. 317).
c. Une personne qui avait une grande opinion d'ellemême, disait un jour à un sage vieillard qui aimait qu'on lui parlât souvent des luttes continuelles que le chrétien doit soutenir, qu'elle ne remarquait aucun combat dans son cœur; sur quoi le sage vieillard lui répondit : « Vous ressemblez à une maison qui a des portes ouvertes de tous côtés. Si vous vous hâtiez de fermer vos portes et de repousser les mauvaises pensées, elles se soulèveraient et voudraient à toute force pénétrer, et alors vous vivriez dans une lutte perpétuelle. » {Ibid.m. 318).
d. Un prêtre qui savait les tentations nombreuses et cruelles auxquelles un jeune homme était en proie, eut compassion de lui et lui promit de prier que le Seigneur l'en délivrât. Mais le jeune homme lui répondit: a Oh! je vous en conjure, ne priez pas que je sois exempt de tentations, mais seulement que j'obtienne le courage et la force de les surmonter, car je ><-ns qu'elles me sont salutaires. Avan1 qu'elles vinsseol me réveiller de mon engourdissement^ je n'avais ni pieté,
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ni amour de Dieu ; je regarde chaque tentation comme une voix qui m'avertit que le moment est venu de combattre pour mon Dieu, etdelui prouver que je l'aime plus que toutes choses. Ce n'est pas en temps de paix mais à la guerre qu'on apprend à connaître la valeur du soldat, comme ce n'est pas dans la prospérité mais dan? l'infortune que l'on apprend à connaître laûdélité d'un ami. » (Ibid.).
e. Saint François fut violemment tourmenté, pendant quelque temps, par une passion qui précipite dans de grands malheurs ceux qui s'y abandonnent. Il écrivait à ce sujet à sainte Françoise : « Je suis en butte à des attaques si fortes qu'il me semble queje n'ai pas la force de les repousser et que je succomberais s'il s'en présentait l'occasion. Néanmoins, plus je me sens faible, plus ma confiance augmente; car je suis assuré que, au moment du danger, Dieu me donnerait une force si grande, que je déchirerais mes ennemis comme de timides agneaux. » [Silbert's Hausb. S. 360).
f. Un saint ermite se sentant délivré d'une tentation qu'il avait eue pendant longtemps, s'en plaignit affectueusement au Seigneur en lui disant: «Hélas! Seigneur, je ne suis plus digne de souffrir et d'être affligé par amour pour vous? » {Idem. p. 302).
SEMENCES
a. « Le serviteur de Dieu ne saurait vivre ici-bas sans éprouver absolument aucune tentation; car personne n'obtient la couronne du triomphe sans être vainqueur, pei sonne ne vainc sans combattre, et nul ne peut combattre s'il n'est attaqué) » [S. Aug. sup. i's. goj.