PARTIE II. CHAPITRE II. 4SI
et que je vous répète : « Une seule chose est à craindre, le péché. » {Vaterunser Erldœrung. 24-4).
c. L'amour que les saints avaient pour Dieu et le soin qu'ils prenaient de leur âme, leur faisait supporter, quand il le fallait, les peines, les tribulations, et la mort même plutôt que de commettre un seul péché mortel. C'était là l'unique mal qu'ils craignaient. Comme on demandait à un de ces saints, au nom de l'empereur, de faire seulement une seule fois une action que sa conscience repoussait, il fit cette remarquable réponse : « Vous exigez seulement, dites-vous, que je consente une seule fois, à une mauvaise action, c'est comme si l'on tenait à quelqu'un ce langage : je vous demande seulement de me permettre de vous couper une seule fois la tète. » [S. Théodore, prêtre de Constantino'pU).
d. Blanche, la pieuse mère de saint Louis, roi de France, répétait souvent ces paroles à son fils encore enfant : « Souvenez-vous, mon fils, qu'il n'y a pas sur la terre d'autre mal que le péché. — Quelle que soit l'étendue de mon amour pour vous, je préférerais vous voir étendu mort dans un cercueil plutôt que d'apprendre que vous avez eu le malheur de commettre un seul péché mortel. » {Stoib. R. G. V. 23).
e. Saint Louis demandait un jour au prince de Joinville ce qu'il ferait s'il avait à choisir entre commettre un péché mortel ou se voir infecté de la lèpre ? — Joinville se hâta de repondre qu'il préférerait commettre dix péchés mortels plutôt que d'être une seule fois infecté de cette contagion. Sur quoi le roi lui fit cette remarque : « Vousne savez pas ce que c'est qu'offenser Dieu. Sachez qu'il D'existé pas de plus grand mal que le péché mortel; car quelque r. çret qu'on ait du l'avoir
commis, on n'est jamais certain, à l'heure de la mort, de l'avoir entièrement expié. » (Vie de Louis IX).
f. Un cultivateur qui avait souffert de grands dommages pendant la guerre, se consolait par ces paroles : « J'ai certainement éprouvé de grandes pertes, mais il il y a loin de ce malheur à celui d'avoir commis un péché mortel. » {Fr. Stapf. Handb. S. 113).
g. Un savant Perse, nommé Buzurge-Mihir, interrogé un jour par le roi Nouschirvan qui lui demandait quel était, selon lui, le plus haut degré d'infoitune sur la terre, lui répondit : a D'après ma conviction, sire, celui-là est le plus misérable et le plus malheureux des hommes, qui, arrivé à la fin de sa carrière terrestre, ne peut se rappeler aucune noble action, sur laquelle il puisse jeter un regard de complaisance. » — (Nach HerlsVs Exempelh.).
h. On lit dans les écrits du philosophe Cicéron : « Au milieu des revers et des contradictions, le sage doit se consoler par cette pensée qu'il n'y a pas, à proprement parler, d'autres maux que les fautes que l'on commet. » {Quest. Tusc. i, 3).
On peut encore citer ici cette belle exclamation. « Faites, Seigneur, tout ce qu'il vous plaira, pourvu seulement que nous évitions le péché (1). »
2. Nous pouvons aussi demander dans nos prières d'être délivrés des maux temporels.
a. Nous voyons, dans l'ancien Testament, que Dieu exauça la prière d'Ismael et d'Agar qui Le priaient de calmer la soit ardente qui les tourmentait. — 11 exauça
(1) Voir d'autres exemples se rapportant au même sujet, cliap. Yr, 111' vol