PÀHTIE II. CHAPITRE II
COMPARAISONS
a. Une pieuse personne réduite à une extrême misère se plaignait un jour à saint François de Sales, lui disant qu'elle n'avait presque plus le courage de souffrir plus longtemps. Le saint et compatissant évèque la consola par ces paroles : « Voyez, ma pieuse âme , vous êtes sur la terre une épouse de Jésus crucifié, mais non encore de Jésus glorifié ; c'est pourquoi votre robe nuptiale ne se compose pas encore de chaînes et d'anneaux d'or, mais de croix, de clous et d'épines; voilà pourquoi votre festin nuptial est encore assaisonné de fiel et de vinaigre ; mais là haut, si vous avez la patience de demeurer ici-bas une épouse de Jésus crucifié, vous deviendrez une épouse de Jésus glorifié, et, au heu d'une couronne d'épines, votre époux ornera votre tète de la couronne de la gloire éternelle. »
b. Saint Jean l'ermite se servait de cette comparaison pour consoler une personne malade : « De même qu'un bon savon et une forte lessive détruisent lestachos de nos vêtements, ; de même la maladie et la douleur du corps purifient l'àme des souillures du péché. »
c. De même que la cire a besoin d'être amollie par le feu pour recevoir fidèlement l'empreinte du cachet; de même aussi le cœur a besoin d'être adouci par le feu des tribulations, afin que l'image du divin Sauveur poisse s'y graver et y laisser des traces durables.
d. Presque tout ce qui est nécessaire à la vie a liesoin d'un long travail de préparation. Le champ, pour produire des fruits réclame le secours «I'- la charme; le blé, pour donner un pain succulent, a besoin d'clrc
battu, criblé, moulu, amolli, pétri, et enfin cuit au feu. On pressure le raisin, on presse le fruit de l'olivier; combien de préparations ne doit pas subir le cbanvre avant qu'on puisse en faire une toile convenable ? S'il en est ainsi, qu'y a-t-il d'étonnant si le Seigneur exige que nous subissions tant de transformations pour être jugés propres à entrer dans son royaume?