‹ Catéchisme historiqueChapitre 253 sur 275 · DE LA SALUTATION ANGÉLIQUE · texte numérisé non relu

DE LA SALUTATION ANGÉLIQUE

Bien que le Pater nous ait été enseigné par le Fils de Dieu lui-même, et que, quand nous le récitons au nom de Jésus, nous prions de la manière et avec les paroles dont il nous a appris à le faire, la pensée de notre faiblesse et de l'impuissance de notre prière réveille cependant en nous la crainte que notre prière ne soit point exaucée. Nous savons, en effet, que Dieu n'exauce pas les péclieurs, mais seulement ceux qui l'honorent et accomplissent sa volonté (Jean, 9, 31). C'est pourquoi nous avons besoin que quelqu'un intercède en notre faveur; aussi notre mère, la sainte Eglise, nous renvoie-t-elle à la plus puissante avocate, à la mère de Dieu elle-même, en nous apprenant à joindre au Pater la Salutation Angélique. Cette prière consiste en une salutation, la plus belle que la sainte vierge ait entendue, et en une tendre et touchante invocation. Cette salu' tion dont Dieu, par le ministère de l'archange Gabri l mit cette mère de toute pureté , nous voulons nous aussi la lui adresser et contribuer à la vérification de cette prophétie qui lui a été faite dans une sainte inspiration : « Désormais, je serai appelée bienheureuse dani la succession de toii5 les siècles » [Luc, 1, -18.).

i . De VAre Maria, ou Salutation Angélique. — a. De tout temps, c'a été un usage constant et une coutume générale d'honorer Marie par cette salutation. Dans une antique liturgie attribuée à saint Jacques , on trouve déjà cette invocation. On y lit : a Célébrons la mémoire de la sainte , immaculée et glorieuse Vierge Marie, afin que nous obtenions toute miséricorde par son intercession ; » puis viennent ces paroles de la Salutation Angélique : « Je vous salue Marie pleine de grâces, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus le fruit de vos entrailles est béni, » parce que vous avez enfanté le Sauveur de notre àme (Litur. S.Jacq.apôt.).

Saint Chrysostôme écrit de même dans sa liturgie : a II est vraiment juste et convenable que nous vous honorions, ô Mère de Dieu, à jamais bienheureuse et immaculée Vierge, vous qui êtes plus respectable que les Chérubins et plus magnifique que les Séraphins, vous qui, dans votre virginité, avez enfanté le Fils du Très-Haut ! Nous vous louons, nous vous saluons, Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous, etc., parce que vous avez mis au monde le Sauveur de notre âme p (S. Chrys. Liturg.).

Saint Athanase récitait aussi la Salutation Angélique lorsqu'il disait : a Nous ne cesserons de vous louer, sainte et bienheureuse Vierge Marie. Nous poussons des cris vers vous ; souvenez-vous de vos enfants , ô très-sainte Vierge qui avez enfanté dans votre virginité. — Nous vous saluons, Marie pleine de grâces, le Seigneur est avec vous ; les hiérarchies des Anges s'unis- ^nt aux habitants de la terre pour vous bénir! Vous 'Les bénie entre tuâtes les femrm et béni est le fruit

de vos entrailles , Jésus. Priez pour nous, notre souveraine et la mère et l'épouse du Seigneur » (S. Atkan. in Evang. de Deipar.).

Quant à cette prière : a Sainte Marie, mère de Dieu , etc. , » ajoutée à cette Salutation , plusieurs théologiens pensent qu'elle y fut annexée par les Pères du concile d'Ephèsc, mais il est plus vraisemblable que ces paroles : a Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, » le furent seulement en 1508, et que celles qui terminent « maintenant et à l'heure de notre mort » ont encore une origine plus récente et proviennent des franciscains (Voir Wetzers Kirchenlexicon. B. i. 563.).

b. Le premier hérétique qui osa contester à Marie le titre si glorieux et si consolant de mère de Dieu, fut Nestorius, patriarche de Constantinople. Il prêchait que Jésus-Christ est le fils naturel de Marie, et, par conséquent, que Marie ne doit pas être appelée mère de Dieu, mais seulement mère de Jésus. On rassembla en 431, sous le pape Célestin, un concile général à Ephèse. Déjà, avant le point du jour, une foule immense de peuple était réunie devant la porte de l'église dans laquelle les évoques examinaient la doctrine de Nestorius. Il attendit jusqu'au soir que le jugement fût prononcé. Lorsque la nouvelle se répandit que l'erreur avait été condamnée et que la sainte Vierge fut de nouveau proclamée mère de Dieu, le peuple éclata en de solennelles actions et remercia le Seigneur du privilège qu'il avait fait à Marie en l'élevant au-dessus de toutes les créatures. On entendait surtout répéter ces paroles : ■ Sainte Mario. Mère de Dieu, priez pour nous» (JFHo* dorct, Ilist. eccl.).

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