PARTIE II. CHAPITRE II
Le premier mot de la Salutation, Ave, renversé, forme Eta. Ceci doit nous rappeler, chaque fois que nous récitons Y Ave Maria, que, si Eve a été trompée et vaincue par le serpent, Marie, de son côté, lui a écrasé la tète (par son Fils) ; — que, si Eve est notre mère selon la chair, Marie Test devenue selon la grâce, et enfin, que si, par sa désobéissance, Eve a posé les fondements de notre perte, Marie, par son obéissance ( « Voyez, je suis la servante du Seigneur, » ) a jetô ceux de notre salut.
2. De V Angélus. — a. Nous comprenons , sous cette dénomination, la prière de la salutation Angélique que Ton récite trois fois dans la journée, le matin, à midi, le soir, au son de la cloche. L'introduction de cette prière est due aux nouvelles désespérantes qu'on reçut de Jean XXII. Déjà depuis près d'un siècle on avait coutume d'annoncer l'heure de la cessation du travail, nommée couvre-feu (ignitegii), par le son de la cloche. En 1327, le pape ordonna, par une bulle, que Ton réciterait trois fois Y Ave Maria, lorsqu'on sonnerait la cloche du soir. Une indulgence fut accordée à tous ceux qui feraient cette prière avec dévotion. Après rétablissement de cette pratique, on resta pendant 41 ans sans la réciter jamais que le soir. Mais en 1368, le concile de Lavaux ordonna, sous peine d'excommunication, à tous ceux qui avaient charge d'àmes, de faire sonner aussi la cloche au moment du lever du soleil. La prière qui était prescrite consistait en cinq Pater en l'honneur des cinq plaies de Jésus, et en sept Ave Maria en l'bonneur des sept joies de Marie. L'année suivante, il fut statué, par une disposition spéciale du synode <lc Beziers, qu'on donnerait au point du jour un triple i. M
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signal avec la cloche , et que ceux qui l'entendraient réciteraient trois fois le Pater et Y Ave moyennant vingt jours d'indulgence.
L'usage de donner aussi à midi un signal est dû à l'événement remarquable que nous allons rapporter. En 1456, la ville de Belgrade fut assiégée par les Turcs qui la battirent en brèche pendant quatre mois. Le sultan, désespéré de voir tant d'efforts rester infructueux, résolut de faire un assaut général. Pendant vingt heures, on se battit avec fureur, et déjà ceux qui défendaient la ville, épuisés et abattus par une résistance longue et opiniâtre, pensaient abandonner la défense et capituler avec l'ennemi. — A ce moment, on vit s'avancer un pieux et courageux franciscain, Jean de Capistran, et se présenter aux soldats, un crucifix à la main, et prier Dieu et la sainte Vierge de venir à leur secours ; il faisait cette prière : « Hélas ! puissante Heine du ciel , abandonnerez-vous vos enfants à la merci des infidèles qui ne cessent de déshonorer et d'injurier votre divin Fils. » — a Où est maintenant le Dieu des chrétiens ?» Et en faisant cette prière, il versait des larmes abondantes. Animés par ces prières et par les larmes que le saint homme venait de répandre, les chrétiens s'élancèrent avec une impétuosité héroïque sur les Turcs qui déjà pénétraient dans la ville, en massacrèrent plusieurs milliers et mirent le reste en fuite. Cette victoire, aussi glorieuse qu'inattendue, ne pouvait être attribuée qu'à L'assistance «lu ciel et surtout à L'intercession de Marie. A la nouvelle de ce succès, le pape Calixte lll ordonna que dans toutes le3 • la chrétienté on rendrail à I im ci à la sainte Vierge de solennelles actions de grâces. Pour conserver