Crimes et cruautés de l'idolâtrie
L'idolâtrie n'était pas seulement un culte plein d'absurdités et d'impostures, mais elle était encore la mère et la protectrice d'une foule de crimes et de cruautés.
a. Saint Paul écrit au sujet des idolâtres {Rom. 1. 29) V qu'ils ont été remplis de toutes sortes d'injustices, do méchanceté, de fornication, d'avarice, de malignité ; ils ont été envieux, meurtriers, querelleurs, trompeurs; ils ont été corrompus dans leurs mœurs, semeurs do
faux rapports. » Qu'y a-t-il d'étonnant s'ils ont eu presque pour chaque vice une divinité tutélaire ou plutôt s'ils ont divinisé le crime même. Celui qui avait commis un vol, tâchait de gagner, par une petite offrande, la protection de Mercure, dieu des voleurs, afin qu'il lo délivrât des suites de son forfait. Les ivrognes croyaient s'attirer la faveur de Bacchus en huvant avec excès. Dans plusieurs endroits, on voyait des temples érigés à la déesse de l'impudicité, temples où les abominations surpassaient celles de Sodome et de Gomorrhe.Les cérémonies d'initiation au culte de Cérès, d'Eleusis, du dieu Priape et autres divinités étaient si horribles, que la pudeur a empêché les auteurs païens eux-mêmes de les décrire dans leurs ouvrages. Aussi saint Paul écrit-il aux Ephésiens : a Ne prenez point part aux œuvres infructueuses des ténèbres, mais, au contraire, condamnezles, car la pudeur ne permet pas même de dire ce que ces personnes font en secret. »
b. On immolait des sacrifices humains au dieu des Ammonites appelé dans l'Ecriture saint Moloch, l'idole infâme entre toutes les autres. Cette idole était faite d'airain et avait une tète de bœuf, bien que le reste de la statue représentât une figure d'homme. La statue était entièrement creuse et derrière se trouvait une ouverture par où l'on mettait le feu, avec lequel on échauffait la statue jusqu'à ce qu'elle fût devenue toute rouge. On plaçait ensuite les enfants destinés au Sacrifice sur ses bras ardents, où l'on laissait rôtir ces infortunées créatures. Afin qu'on n'entendil plus les cris poussés par ces innocentes victimes, les prêtres des sacrifices les couvraient par Le roulement des tambours, et le bruit des cimbales {Brentano bei 3 Kôu. u, 15).