PARTIE I. CHAPITRE II
c. Quoique, en général, il fût défendu chez les Perses d'offrir des victimes humaines, nous lisons néanmoins dans l'histoire, que Xerxès, roi de Perse, lors d'une expédition contre les Grecs, fît enterrer tout vivants neuf garçons et neuf filles sur les bords du fleuve Strymon. L'historien de l'antiquité, Hérodote, dit que c'était un usage chez les Perses d'enterrer des vivants. « Je sais, ajoute-t-il, qu'Amestris, femme de Xerxès, fit enterrer tout vivants deux fois sept enfants des plus illustres familles de la Perse par reconnaissance envers le dieu souterrain, de ce que, dans un âge aussi avancé, elle jouissait encore d'une santé florissante. »
d. Les Grecs, qui d'ailleurs se vantaient de leur civilisation, avaient aussi leurs sacrifices humains. Lorsqu'ils se dirigeaient vers Troie, Iphigénie fut immolée par les propres mains de son père Agamemnon pour obtenir de la déesse Diane un heureux succès de cette expédition. Après le siège de cette ville, Polyxène, fille du roi vaincu, dut être immolée aux mânes du héros Achille. Dans des temps plus reculés, on battait de verges un grand nombre de filles jusqu'à ce qu'elles fussent mortes.
e. Anciennement, les Romains immolaient aussi des garçons à la déesse Monia ; plus tard, lors de la chute de la royauté, on abolit, il est vrai, ces sacrifices révoltants ; mais, lors de la guerre qui s'éleva entre les Romains et les Gaulois, l'an cinq cent vingt-six après la construction de Rome, les prêtres firent ensevelir vivants un homme et une femme pour éloigner le danger, croyant apaiser, par ces cruautés, le courroux des dieux. Ce ne tut que L'année six cent cinquante-sept après la construction de Rome que le sénat abolit pour toujours les .-uuïiiees humains.
70 CATÉcmsjtfE nrsTOMOUB.
f. Les Carthaginois avaient représenté leur dieu Saturne, par une statue d'airain. Cette idole avait les bras étendus un peu en arrière. C'était sur ses bras que l'on plaçait les jeunes enfants destinés à servir de victimes, et qui, de là, tombaient dans des gouffres de feu, où ils étaient condamnés à brûler en l'honneur de l'idole. On lui immola, en une seule fois, deux cents enfants des meilleures familles,pour éloigner le danger qui menaçait les Carthaginois du côté d'Agatocle, tyran de Syracuse .
g. Un général romain, César, raconte, au sujet des Gaulois, que ceux qui étaient affligés par des maladies graves, ou qui étaient menacés du danger de perdre la vie, immolaient aux dieux des victimes humaines, ou faisaient vœu de les offrir quand le danger serait passé. Leurs sacrificateurs étaient les Druides, noms crue portaient leurs prêtres. Ils avaient des idoles d'une grandeur monstrueuse; leurs membres étaient enlacés d'osier et creux à l'intérieur. Ces cavités étaient remplies d'hommes vivants, sous lesquels on allumait le feu, qui réduisait en cendres ces innocentes créatures. Il est vrai qu'on choisissait communément des criminels; mais à défaut de malfaiteurs, on immolait des innocents (Cœs. De Bcllo Gall. 1. 6.).
h. Les Germains se sont aussi déshonorés par des sacrifices humains. Entre autres divinités, ils avaient le Wodam ou l'Odin qu'ils nommaient le père des dieux. On le représentait sous la forme d'un guerrier, une épéc à la main droite, à la gauche un petit bouclier, et sur la tète une couronne. Il n'avait qu'un œil, qui signifiait l'œil qui voit tout l'univers. Sur chacune de ses épaules ee tenait m •> au, qu'il lâchait jour et nuit, selon l'o-