‹ Catéchisme historiqueChapitre 38 sur 275 · Dieu est cteraeL 2. Vérité terrible pour le méchant · texte numérisé non relu

Dieu est cteraeL 2. Vérité terrible pour le méchant

a. En 1630, à l'époque de la guerre de Trente- Ans, les Suédois fondirent sur un village allemand, où l'esprit de vengeance et la soif du butin les entraîna aux plus révoltants excès. Apres avoir sévi avec cruauté contre les habitants qu'ils mirent à mort, ils finirent par livrer aux flammes le village même. — Le lendemain, un jeune homme d'un aspect farouche et sauvage contemplait, du haut des collines voisines, le théâtre du carnage et de l'incendie, et s'écriait à haute voix : a Bravo ! Bravo ! les Suédois ont , là bas, laissé des traces glorieuses de leur passage; mille actions de grâces vous soient rendues, bien-aimés Suédois ! vous avez été mes libérateurs. — Détestable vaurien, s'écria à l'instant un vieillard qui s'était enfui de nuit sur la montagne et qui se tenait caché dans un buisson ; tu parais, dans ta méchanceté, te réjouir du malheur de tes semblables? — «Comment, reprit l'autre avec insolence, sans se laisser intimider par les reproches

du vieillard, je ne me réjouirais pas de la perte de mes ennemis ? Pour un misérable petit vol, et pour la bagatelle d'avoir procuré, avec mon couteau, un passeport rouge pour l'éternité à un vieux Crésus qui ne savait pas tirer parti de son argent, on m'a enfermé là bas dans une cage étroite, pour ensuite me pendre, car on y songeait après m'avoir questionné et torturé à satiété. Ah!... Mais les Suédois ont tourné le feuillet; et pendant qu'on passait au fil de l'épée, juges, témoins, et toute cette bande qui avait juré ma perte, moi, j'ai profité du tumulte et je me suis sauvé. Je suis maintenant franc et libre, et je n'ai plus rien à craindre, d Tel était le langage de ce jeune criminel ; il avait prononcé ces paroles avec des trépignements de joie. — « Tu crois donc, reprit le vieillard, qu'avec les juges que tu appelles tes ennemis, il ne t'en reste plus aucun autre? Grande est ton erreur; le plus redoutable vit encore ; celui-là t'a continuellement devant sa vue, et toute l'armée des Suédois ne pourrait t'empècher de tomber entre ses mains. Il n'a qu'à étendre son bras et te voilà précipité dans un cachot bien plus sombre que celui où tu étais. — Quel est donc cet ennemi , lui demanda le criminel poussé par la frayeur et peutêtre aussi par la curiosité ? Ce n'est cependant pas toi, vieux détraqué ? — Non, tu n'as rien à craindre de moi, mais crains, redoute un juge éternel qui habite le ciel ; celui-là sera ton éternel ennemi; tremble devant ce juge ! Comme autrefois le sang d'Abel, celui que tu as répandu «rie vengeance devant lui ; comme le premier meurtrier, tu erreras pendant quelque temps sur la terre, dévoré par les remords de ta conscience comme par un affreux serpent, sans repos ni tranquillité ; puis,

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