Pensée qui doit nous inspirer l'horreur du mal
a. Joseph résista constamment aux attraits de la tentation en disant : « Comment oserais-je commettre le péché devant Dieu qui me voit ? » {Gen. 31^ 9). C'est par la pensée à la présence de Dieu que Susanne préserva son innocence ; elle s'écriait : « J'aime mieux tomber entre vos mains sans péché que de pécher en présence du Seigneur. » {Daniel, 13). Voici dans quels termes le Seigneur se plaint, par la bouche d'Ezéchiel, de la corruption des mœurs du peuple Israélite (9, 9) : « L'iniquité delà maison d'Israël et de la maison de Juda est dans le dernier excès, la terre est toute couverte dn sang des innocents ; la ville est remplie des gens qui m'ont quitté, parce qu'ils ont dit : Le Seigneur a abandonné la terre, le Seigneur ne nous voit plus. » — La pensée de la présence de Dieu était aussi, selon le vieillard Tobie, le meilleur préservatif contre le péché, car il disait à son fils (Tob. 4, 6): a Ayez Dieu dans votre esprit tous les jours de votre vie, et gardez-vous de consentir jamais à aucun péché et de violer les préceptes du Seigneur notre Dieu. »
b. Saint Grégoire de Nazianze raconte au sujet d'une femme païenne qui vivait dans la débauche, qu'elle s'était rendue dans une maison avec de coupables ir> tentions, mais dés qu'elle eut aperçu le portrait du phi- ' démon, renommé par sa chasteté, il lui somblaque cet homme jetait sur elle un regard sévère et menaçant. Elle en fut si effrayée, qu'elle quitta aussitôt
cette maison, accablée de honte et de confusion, et renonça à ses criminels desseins. Si le portrait d'un homme chaste opéra un effet si prodigieux, quelle puissance ne doit pas avoir la pensée de la présence de Dieu dont l'œil pénètre les plus secrètes pensées? (Lohn. Bibl. T, 560).
c. Saint Bernardin encore enfant exerçait déjà, par sa modestie et la gravité de son maintien, une telle influence sur les enfants de son âge, que, quand ils s'entretenaient de choses défendues, il n'avait qu'à se montrer pour qu'ils s'écriassent dès qu'ils l'apercevaient : a Silence, silence; voici Bernardin! » et aussitôt ils renonçaient à leurs conversations. Si la présence d'un enfant pieux et vertueux exerce une telle influence sur la con. uite de ses compagnons, quel effet ne devrait pas produire sur nous la présence de Dieu? (Ibidem).
d. Au quatrième siècle vivait en Egypte une personne remarquable par la licence et le débordement de sa conduite ; elle se nommait Thaïs. Le saint ermite Paphnutius, qui avait appris avec douleur la vie scandaleuse qu'elle menait, résolut, après avoir longtemps demandé à Dieu conseil et assistance, de l'arracher au crime et la ramener à Dieu. Il se rendit chez elle à la faveur d'un déguisement et demanda de s'entretenir avec elle dans une chambre secrète. Elle le conduisit dans plusieurs appartements; mais comme Paphnutius disait toujours qu'il n'était pas encore assez en sûreté, Thaï.', perdant patience, lui dit enfin, après l'avoir mené dans l'endroit le plus retiré de la maison: « Il est certain qu'aucun regard humain ne saurait pénétrer ici; mais si vous voulez éviter la présence de Dieu, vous ne le