PARTIE I. CHAPITRE II
1). Comme l'impératrice Eudoxie menaçait saint Chrysostôme de le bannir du pays, le saint évèque lui répondit: « Eh! vous voulez m'épouvantcr ! Vous ne savez donc pas que Dieu est puissant en tous lieux, et qu'il remplit de son immensité le ciel et la terre? Envoyez-moi dans quel lieu retiré de la terre qu'il vous plaira, je serai toujours assuré d'y retrouver mon Dieu. » {Schust. Handb. 1. 69).
c. Dans le village de Wollna, duché de Brabant, vivait une jeune fille distinguée par sa haute piété; elle se nommait Marie. Quoique née de parents pauvres, elle avait cependant reçu une éducation très-chrétienne ; aussi veillait-elle de tous ses soins à la conservation de son innocence baptismale. Un malheureux abandonné et méprisé de tout le monde employa tous les moyens pour la séduire et la faire consentir à ses criminels desseins; mais elle resta inébranlable. Un jour Marie, généralement estimée quoique pauvre, à cause de la régularité de sa conduite, fut invitée à diner dans une maison. Lorsqu'elle y fut arrivée, elle déposa près de lentrée, le sac avec lequel elle avait coutume de recueillir les dons que des personnes pieuses lui faisaient, et entra dans la salle. Son ennemi, qui l'épiait constamment, profita de cette circonstance, et déposa dans le sac un gobelet en argent qu'il avait volé dans la même maison. Dans la suite on s'aperçut du vol, et aussitôt le soupçon tomba sur la pauvre Marie. Le voluptueux se rendit chez elle, et lui fit part de la rumeur publique; Marie, innocente, assura qu'elle n'en était pas l'auteur; mais à peine achevait-elle ces paroles, que le libertin prit le sac que Marie n'avait plus ouvert depuis, et en retira le gobelet d'argent, au grand
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étonnemcnt de Marie qui ne savait que penser de la singularité de ce fait. Elle en fut épouvantée. Quant au misérable, il la menaça de l'accuser aussitôt en justice, si elle ne consentait à ses propositions infâmes; mais Marie, comme une autre Susanne, aima mieux être accusée innocente que de perdre son innocence même. Furieux de colère et brûlant du désir de se venger, il accusa Marie qui, sans nier le fait, déclara qu'elle ignorait comment le gobelet s'était trouvé dans son sac, mais protestant qu'elle ne l'avait pas volé. Toutefois ses excuses et ses allégations furent inutiles. Gomme toutes les apparences lui étaient désavantageuses, elle fut condamnée à mourir le même jour sur la place des exécutions. — Lorsqu'elle passa devant sa maison, pendant qu'on la conduisait au lieu du supplice, elle demanda, pour dernière faveur, qu'on lui permît de faire une courte prière devant l'image de Jésus; là elle se consola par la pensée que Dieu connaissait son innocence, comme autrefois il avait connu celle de Susanne; elle pria aussi pour ceux qui la faisaient ainsi mourir injustement. Sa prière achevée, on arriva sur le lieu du supplice, où l'on avait préparé une fosse assez grande pour qu'elle pût renfermer son corps; puis, après lui avoir bandé les yeux, et attaché ensemble les mains avec des cordes, on descendit la pauvre Marie dans la fosse que l'on s'empressa de combler. Ainsi mourut cette innocente victime, appelée l'Infortunée. C'était vers l'année 1290. Plus tard on découvrit son inno* cence (Aus Domainko''s Lehre in Beisp. S. 8i0).
d. Sainte Elisabeth, comtesse de Thuringe, ayant été accusée, après la mort de son époux, d'avoir épuisé les revenus du pays par ses nombreuses aumônes, on