PARTIE I. CHAPITRE II
2° Les voies de la divine Providence sont souvent admirables.
a. Marcien, dont le père avait été soldat la plus grande partie de sa vie, se décida lui-même à entrer dans cette carrière. A l'âge de dix-neuf ans, il partit pour Philippopolis dans l'intention de s'y faire recevoir dans les rangs de la milice. Sur sa route, il rencontra le cadavre d'un homme qui avait reçu le coup de la mort. Touché de compassion, il eut la pensée de rendre à cet infortuné le dernier service qui était en son pouvoir; il voulut lui donner une sépulture honorable. Les passants qui le virent occupé à ce travail soupçonnèrent de suite qu'il pourrait bien être lui-même le meurtrier et se hâtèrent d'en informer l'autorité. Marcien, à peine arrivé dans la ville de Philippopolis, fut saisi et mis à la question. Ce fut en vain qu'il protesta de son innocence, car toutes les apparences étaient contre lui. Déjà le juge se préparait à prononcer sa sentence de mort, lorsque, par une disposition toute particulière de la Providence, le véritable meurtrier, bouleversé par les reproches de sa conscience, alla volontairement se dénoncer aux juges comme étant l'assassin, et sauva ainsi la vie à celui qui était innocent. Marcien fut dès lors reçu sans difficulté dans la légion, et, comme c'était l'usage d'imposer un nom à ceux qui entraient pour la première fois dans l'armée, il reçut le nom de son prédécesseur Augustin. En 421, lors de l'expédition qui eut lieu sur les frontières de la Perse, Marcien tomba gravement malade et fut obligé de rester à Sydenia, ville <1<; Ly.ie. Deux frères, Lùcius etTatiauus, L'admirent dans leur maison, où il reçut une hospitalité gol. G
102 CATÉCHISME BTSTORTQUE.
néreuse et cordiale, ce qui le décida à rester encore quelque temps chez ses bienfaiteurs après qu'il eut recouvré la santé. Un jour qu'ils étaient tous trois à la chasse, ils se couchèrent sur l'herbe pour se reposer et s'endormirent. Les deux frères s'éveillèrent avant Martien, et s'aperçurent avec étonnement qu'un aigle planant au-dessus de la tète de Marcien cherchait à le protéger, par l'ombre de ses ailes, contre les rayons bridants du soleil. Les deux frères conclurent de ce singulier phénomène que leur hôte était destiné à opérer un jour de grandes choses. Ils n'en dirent rien à Marcien lorsqu'il fut réyeillé, mais ils lui demandèrent néanmoins où il désirait aller, attendu qu'il était si pressé de les quitter? Il répondit : A Constantinople. « Que feras-tu de nous, lui demanda l'un d'eux en badinant, lorsque tu seras devenu empereur? — Quand je serai empereur, reprit Marcien en souriant, je vous recevrai tous deux dans l'ordre des patriciens. — Trèsbien ! répondirent les deux frères d'un ton qui commençait à devenir plus sérieux, nous te donnons quatre eents francs ; puisses-tu arriver heureusement à Constantinople! puisse aussi la bénédiction du ciel t'accompagner constamment pendant ton voyage ! » Effectivement, Marcien monta plus tard sur le trône impérial, comme successeur de l'empereur Théodose II, reçut les deux frères, aussi utiles par les service-; qu'ils étaient à même de rendre que par l'élévation de leurs sentiments, au rang des patriciens: Tatien lut élu gouverneur «le Constantinople, et Lucius reçut en partage l'administration de 'la Lycie {tètolb. \\.<-\. B. 17).
b. Un missionnaire qui avait terminé ses travaux apostoliques dans Les contrées qui ayoisinent le