PARTIE I. CHAPITRE II
Liban, reçut ordre de ses supérieurs de se rendre ailleurs. Il nous raconte le trait suivant qui se passa pendant son voyage. Nous y voyons un exemple de plus de la conduite admirable de la divine Providence. « Je voyageais, dit- il. avec mes compagnons dans l'intention de me rendre à Bescomta, qui est une localité située à proximité des Druses. Pendant mon voyage, je prècbais dans les villages des fidèles, j'entendais les confessions et j'avais la consolation de ramener dans la bonne voie un grand nombre de brebis égarées. Un jour, je rencontrai sur mon cbemin un père de famille ; il était cbréticn. Dès qu'il apprit que j'étais le missionnaire de la contrée, il s'approcha de moi avec respect et me pria, les larmes aux yeux, d'aller entendre la confession de sa nombreuse famille, disant que depuis longtemps, lui et les siens désiraient ardemment voir un missionnaire, et qu'il avait un vif pressentiment qu'il recevrait ma visite. Comme je lui demandai s'il habitait à proximité' du chemin de Bescomta, ou si je serais obligé de faire un long détour, il n'hésita pas à me déclarer qu'il habitait dans une montagne éloignée, privé pour ainsi dire de tout commerce avec le reste des hommes. Je fus obligé de lui avouer, à mon grand regret, qu'il lit impossible d'accéder à sa demande, attendu que rdres de mes supérieurs m'appelaient à Bescomta. Je fis mon possible pour le consoler, mais il m'embrassait les mains et me disait avec instance : a Mon père, vous viendrez, oui, vous viendrez certainement dans ma maison, «t même plus tut que vous ne l'imaginez, car nous prierons avec tant de ferveur que le bon Dieu nous exaucera. » Je continuai ma route sans réfléchir longtemps sur ces dernières paroles, je visitai encore
iO\ CATÉCHISME niSTORIQUE.
plusieurs villages, puis je me hâtai d'arriver à ma destination. Mais comme nous n'avions point de guide, nous nous égarâmes dans la montagne ; ce qui nous occasionna de grandes fatigues. Après avoir passé toute la nuit à lutter contre les buissons et les épines, nous nous trouvâmes subitement tout près d'une métairie, située seule au milieu d'un désert affreux. Nous l'abordâmes aussitôt. Quelle ne fut pas ma surprise, lorsque je reconnus dans le maitre de la maison, celui qui, peu de jours auparavant, m'avait prié avec tant d'instance d'aller lui rendre visite. Ces paroles prononcées en nous quittant a que tôt ou tard, et plus tôt que je ne le pensais, j'entrerais dans sa maison, » parce qu'il ne cesserait de prier Dieu pour cela, avaient reçu leur accomplissement. Nous fûmes accueillis comme des messagers du ciel et l'œuvre de ma mission y fut couronnée du succès le plus consolant. La moisson était mûre, car, sur l'assurance du maitre de la maison qu'il viendrait certainement un missionnaire, tous les habitants de la métairie avaient disposé leurs cœurs ; ils reçurent les sacrements avec un recueillement et une dévotion vraiment touchante. Quant à moi, je m'écriai dans le fond de mon cœur : grâces infinies soient rendues à la sagesse et à la miséricorde d'un Père, auquel il a plu de répandre si abondamment sa rosée sur cette eolitaire demeure. » {Ami de la religion).
c. La divine Providence permit que le jeune Patrice fût conduit comme esclave en Irlande, par un essaim de pirates irlandais qui avaient pillé la maison de son père. Il tomba entre les mains d'un féroce barbare qui lui confia la garde de son bétail, avec lequel il était souvent obligé de passer la nuit. Un jour, il apprit en