PARTIE l. CHAPITRE II
songe qu'il devait se rendre sur les bords de la mer, que là il trouverait sa délivrance. Il y alla et trouva effectivement un vaisseau qui allait mettre à la voile et dans lequel il fut admis après beaucoup d'instances et de supplications. Le vaisseau fut obligé de prendre terre sur une côte aride et inhabitée de l'Ecosse. Bientôt les vivres furent épuisés, et déjà les voyageurs avaient tout parcouru sans rencontrer nulle part des traces d'habitation humaine. Pressés par la faim, les compagnons de Patrice, qui étaient païens, le prièrent de s'adresser à son Dieu, ajoutant que si le Dieu des chrétiens était si puissant et si tout ce qu'il racontait de lui était vrai, il ne manquerait pas de les empêcher de mourir de faim. Animé d'une vive confiance, Patrice les assura que s'ils se convertissaient au vrai Dieu dans toute la sincérité de leur cœur, leur délivrance ne serait pas éloignée. Lui-même se mit à prier en silence, et à peine une heure s'était-elle écoulée, qu'ils rencontrèrent une troupe de sangliers. On se mit aussitôt en mesure d'en saisir quelques-uns qui leur fournirent de la nourriture en abondance. Ils errèrent encore çà et là pendant vingt-quatre jours, mais ils ne souffrirent plus de la faim ; ils arrivèrent ensuite dans des conirécs habitées. — Un jour Patrice s'était couché sur le versant d'une montagne pour y prendre quelque repos. Un énorme bloc de rocher se détacha de la montagne et allait l'écraser. Patrice, éclairé par une lumière surnaturelle, invoqua le nom du prophète Elie, et aussitôt la masse de rochers prit une autre direction. — Il entra plus tard dans l'état ecclésiastique et prit la résolution d'aller en Irlande, dont il savait la langue depuis qu'il y avait été esclave, pour y travailler à la propagation
du christianisme. Avant de partir, il reçut la consécration épiscopale. Il aborda dans ce pays avec plusieurs autres compagnons en 432. Le Seigneur ne le quitta jamais, il bénit sa parole, et presque toute la nation se convertit au cliristianisme, d'où est venu à Patrice le nom d'apôtre de l'Irlande. Il mourut en 460, après avoir été pendant sa vie une source de grâces et de bénédictions. On célèbre sa mémoire le 45 mars.
d. Un jour saint Anscaire, archevêque de Hambourg, regardait, par une fenêtre de son abbaye de Thorout, les enfants qui en sortant de l'école se rendaient à l'église, en courant çà et là sans ordre ni discipline et montrant une grande dissipation. Un seul faisait exception. Son recueillement et son maintien modeste attirèrent sur luiles regards du saint. — Tandis que les autres avaient peine à dompter leur pétulance à l'église, le pieux enfant priait comme un petit ange. Cette conduite, qui est la marque d'un bon naturel, causa un plaisir extrême au saint. Il fit venir chez lui les parents de cet enfant et leur déclara qu'il était disposé à instruire leur fils et à le faire entrer dans l'état ecclésiastique, si toutefois ils ne s'y opposaient pas. — Il est facile de penser que les pieux parents de l'enfant y consentirent volontiers et n'hésitèrent pas à donner leur consentement. L'enfant reçut une éducation distinguée, et, comme l'enfant Jésus, il crut en âge, en sagesse et en grâce devant Dieu. Plus tard, saint Anscaire le prit pour compagnon inséparable dans ses courses apostoliques. Nembert, tel était son nom, se distingua par sa piété et par son zèle pour la propagation des lumières de la foi. Après la mort de son bienfaiteur, il fut porté à l'unanimité sur le siège archiépiscopal de Hambourg,