‹ Catéchisme historiqueChapitre 5 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE P · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE P

et cet acte de dissimulation la porterait au mal tout en déshonorant ma vie qui doit bientôt finir. Et, que me servirait d'avoir échappé maintenant aux châtiments de l'enfer, puisque, vif ou mort, je ne saurais éviter la main du Tout-Puissant ? — Je veux donc marcher au devant de la mort en vrai héros, tenir une conduite digne de ma haute vieillesse et donner à la jeunesse un éclatant exemple, en lui prouvant avec quel courage et quelle résignation il faut mourir pour la loi sainte et sublime d'un Dieu. » — Tel fut le langage de ce héros de la foi : il se laissa conduire au martyre. Accablé de coups et près de rendre lame, il soupirait en disant ces paroles : « Dieu, qui voyez le fond des cœurs, vous savez les tourments que j'endure maintenant dans tout mon corps, tourments que j'aurais pu éviter, mais que je supporte volontiers par respect pour votre loi sacrée (IL Mach. G.).

d. Le roi Antiochus fît aussi comparaître devant lui une mère avec ses sept fils, et ordonna que ceux-ci fussent battus de verges et de nerfs de bœuf, pour les contraindre à manger des viandes défendues. L'aîné des fils dit au roi : « Nous aimons mieux mourir que de violer en quoi que ce soit la loi de nos pères. » Comme il avait parlé le premier, le roi lui fit couper la langue, puis déchirer la peau et amputer les mains et les pieds ; et comme il vivait encore, on le plaça sur un gril ardent où on le laissa rôtir jusqu'à ce qu'il mourût. Sa mère et ses autres frères étaient spectateurs de cette horrible scène. Néanmoins, loin de perdre courage, ils s'animèrent mutuellement et tous subirent héroïquement la mort du martyre. Restait le plus jeune des frères. Le roi le prit à part, pensant l'amener, par

de séduisantes promesses, à abjurer sa foi. Il alla même jusqu'à exhorter la mère de tâcher de le persuader, afin, disait-il, qu'elle eût au moins la consolation de voir survivre l'un de ses fils. Mais la mère s'approchant de son enfant : a Considère, lui dit-elle, mon fils bienaimé, le ciel, la terre et tout ce qu'ils renferment; tout cela, Dieu l'a fait de rien ; ne crains donc pas en face du bourreau , mais montre-toi digne de tes frères j meurs volontiers. Alors le Dieu de miséricorde te rendra un jour à ta mère, toi et tes frères. » L'enfant supporta courageusement le martyre, qui fut encore plus douloureux pour lui qu'il ne l'avait été pour ses autres frères. Peu après la mère alla rejoindre, dans le séjour des martyrs de la foi., ses fils qui l'avaient précédée en lui donnant un si héroïque exemple (II. Mach. 7.).

2. Les héros de la foi sont encore infiniment plus nombreux dans le Nouveau que dans l'Ancien Testament. Ces paroles du Seigneur (Matth. 5.) : « Vous serez heureux, lorsque les hommes vous chargeront de malédictions, qu'ils vous persécuteront et diront faussement toute sorte de mal contre vous à cause de moi ; » ces paroles stimulaient l'ardeur des confesseurs de la foi.

a. Peu après la descente du Saint-Esprit, les apôtres éprouvèrent déjà, combien il était dangereux pour eux, au point de vue temporel, de confesser leur foi. Pierre et Jean furent les premiers qui, pour ce motif, furent emprisonnés (Act. 4.). Bientôt les douze apôtres subirent lu même sort; mais délivrés miraculeusement pai des anges, ils se mirent de nouveau à prêcher, sans ?c laisser intimider par les menaces. Emprisonnés une sec onde fois, ils déclarèrent qu'ils aimaient mieux obéir

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