‹ Catéchisme historiqueChapitre 52 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE II

fuite. Pendant une soirée obscure, prenant avec eux la nourriture qui leur était nécessaire, ils s'échappèrent furtivement et marchèrent à travers des déserts de sables pendant à peu près dix heures. Craignant d'être surpris par les Sarrasins, ils voyageaient de préférence la nuit ; souvent ils regardaient autour d'eux avec effroi pour voir s'ils n'étaient pas poursuivis : déjà ils se croyaient en pleine sûreté, lorsqu'au bout du troisième jour ils aperçurent dans le lointain deux cavaliers montés sur des chameaux qui, courant à toute vitesse, venaient s'emparer d'eux. Dans la première frayeur, ils se demandèrent quel parti ils prendraient ; dans cette perplexité, ils abandonnèrent leur chemin et trouvèrent bientôt une caverne très-profonde. La frayeur les y fit entrer, et ils se cachèrent dans un endroit retiré tout près de l'entrée, n'attendant plus d'autre secours que de la divine Providence dont ils espéraient plus encore que de l'asile que leur offrait la nature. Peu d'instants s'étaient écoulés, et déjà leur maitre venait d'arriver avec un de ses serviteurs à l'orifice de la caverne. Le maitre, l'épée hors du fourreau, faisait la garde à l'entrée, tandis que son serviteur pénétrait dans la grotte pour chercher à découvrir les deux fugitifs. Qu'on se figure la frayeur de ces deux malheureux auxquels on réservait les châtiments les plus cruels ! Le serviteur avançait avec précaution ; mais comme le brillant éclat du soleil qui luisait au dehors cessa tout-à-coup lorsqu'il entra dans la grotte, il en fut comme aveuglé, ce qui l'empêcha de remarquer les deux esclaves cachés dans un lieu retiré non loin de lui, et il pénétra toujours plus avant. — Rendez-vous, rendez-vous, perfides vauriens, criait-il de toutes ses forces -, vous n'échapperez pas aux mains

HO CATÉCinSME UISTOIUQUE.

de votre maître. Mais, comme personne ne répondait à ses invitations, il commença par brandir son épée dans les ténèbres, et à crier encore plus fort et à redoubler ses menaces. — Tout à coup une lionne s'échappant de l'intérieur de la caverne, se précipita sur lui, le renversa par terre, l'étrangla aussitôt et l'entraîna dans les profondeurs de la grotte. Le maître, voyant qu'il ne revenait pas, s'imagina que peut-être il était entré en lutte avec ses deux prisonniers ; il alla donc lui porter secours. Bouillonnant de rage et brûlant du désir de se venger, il pénètre aussi dans la caverne et commence par agiter avec fureur son épée dont les coups tombant dans le vide ne font qu'ajouter à sa démence, jusqu'à ce que la lionne, attirée par ses cris, s'élance sur lui et lui fait subir le même sort qu'à son serviteur. Les deux fugitifs se trouvèrent ainsi délivrés, mais ils craignirent avec raison que la lionne, excitée par ce qui venait d'avoir lieu, ne s aperçut de leur présence et ne les traitât comme les deux autres. Ils continuèrent à rester blottis dans leur repaire, osant à peine respirer et mettant toute leur confiance en Celui qui avait préservé Daniel de la fureur des lions. La lionne avait ses petits dans le fond de la caverne, et comme deux fois déjà elle avait été mise en alerte par les cris des deux cavaliers, elle crut que ses petits n'étaient plus en sûreté dans cette retraite. Saisissant par la gueule les jeunes lionceaux, elle les emporta tous un à un dans une retraite plus assurée. Les deux fugitifs assistaient à ce spectacle le f. m ,iv îté par de mortelles frayeurs. Ils passèrent toute la nuit dans cette retraite à côté des cadavres mutilés de leurs persécuteurs. Le lendemain, comme la lionne avait cessé de se montrer, ils sortirent et trouvèrent

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