‹ Catéchisme historiqueChapitre 54 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE II. H · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE II. H

enfants réclamaient du pain à grands cris ; ils l'entouraient, lui pressaient la main en criant : Du pain ! père ! du pain ; c'était à lui briser le cœur ; mais il leur disait pour les consoler : « Je jeûnerai probablement aujourd'hui, pour vous, mes enfants ; à midi, vous aurez du pain ; mais les enfants reprenaient : Où prendrezvous assez de pain pour nous rassasier : car nous avons tous bien faim ! Il leur montra le ciel et se hâta de détourner sa figure, car des larmes amères inondaient ses yeux. Il se retira dans la chambre voisine, se mit à genoux et adressa cette prière au Seigneur : « Mon Dieu, que nous sommes misérables , moi et mes enfants ! Aurai-je donc la douleur de les voir mourir de faim ? Vous qui donnez la nourriture à un si grand nombre d'oiseaux, laisserez-vous mourir de faim ces pauvres créatures ! Non, vous ne le pouvez, votre miséricorde remporte encore sur nos besoins ; ah ! venez à notre aide, il en est temps ! » Au moment où il achevait sa prière , un de ses enfants accourut lui annoncer qu'une paysanne désirait lui parler : elle venait lui demander s'il pourrait, dans l'espace de trois jours, confectionner des vêtements pour ses trois filles pour une solennité à laquelle elles devaient prendre part. Afin de l'encouà achever son travail plus promptement, elle lui offrit une corbeille où se trouvaient du pain, de la farine, du beurre, delà viande et différents comestibles. A <»tte vue, les enfants, ivres de joie, battirent des mains et sautèrent dans la chambre pour témoigner de leur contentement. Quant au père, il se taisait ; et, les regards fixés vers le ciel, il ne savait que pleurer et rcmercierdansle fond de son âme. 11 raconta à la paysanne tt déplorable situation, comment il avait promis delà

nourriture à ses enfants sans savoir de quelle manière il se la procurerait. Cette femme fut émue d'un récit si touchant. Elle lui promit que dès lors elle ne le laisserait plus manquer de rien et qu'elle l'aiderait de son superflu en attendant que le ciel daignât leur envoyer des temps plus favorables. Cette pauvre famille ne se possédait plus de joie; dès que la paysanne fut sortie, on apprêta le dîner, et ainsi s'accomplit la parole du père qui avait promis à ses enfants de leur donner à manger à cette heure-là. Du fond de leur cœur ils bénirent le Seigneur qui sait toujours proportionner ses secours aux besoins et aux nécessités de chacun (Huber'sFrstes Gebet der Liebe, p. 56).

f. Pendant Tannée 1698 eut lieu la terrible éruption du Vésuve en Italie, éruption qui fut accompagnée d'un si violent tremblement de terre, que toute la ville de Ceretto fut bouleversée et n'offrit plus bientôt qu'un amas de décombres. Un enfant de quatorze ans fut enseveli sous les ruines, et vécut pendant treize jours sans nourriture dans cet horrible tombeau. Son nom était Ciaborri. Plus tard il écrivit lui-même le récit de sadélivrance, qu'il affirma sous serment être de la plus exacte vérité. « Vers cinq heures du jour, écrit-il, je me trouvais avec quelques-uns de mes camarades, non loin de la maison de mes parents, lorsque nous ressentîmes un violent tremblement de terre, accompagné d'une terrible secousse. Aussitôt nous primes la fuite; mais à ce moment les maisons d'alentour s'écroulant avec un fracas épouvantable, nous nous trouvâmes engloutis sous les décombres. Tous mes amis perdirent la vie, excepté un seul qui était étendu à côté de moi, et qui, quoique blessé grièvement ne fut cependant pas tué. Pour moi,

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