‹ Catéchisme historiqueChapitre 55 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE II

j'étais parfaitement intact. Aussi longtemps que mon ami vécut, nous nous consolions mutuellement et priions. Mais lorsqu'il fut mort, son cadavre répandit une infection qui m'était insupportable. Ramassé comme je l'étais dans un étroit espace, ma figure reposait sur ce cadavre en putréfaction; cependant je ne perdis pas un seul instant ma présence d'esprit; je me résignai entièrement à la volonté de Dieu, ne cessant de lui demander ma délivrance. Mon plus grand tourment était la soif que je croyais apaiser en léchant une pierre, ce qui me soulageait beaucoup. Ma position eût été infiniment plus lamentable, si le Seigneur ne m'eût envoyé un si profond sommeil, que les treize jours de ma captivité me parurent avoir duré à peine trois jours. Le treizième jour fut le plus affreux; j'étais à l'extrémité. Réunissant toutes mes forces, je criai au secours, j'appelai mes parents par leur nom. Tout-à-coup j'entendis du bruit, je remarquai un certain mouvement au-dessus de moi, je criai encore plus fort et je fus entendu. Dix personnes, à force de creuser, me retirèrent : j'étais enseveli à dix pieds de profondeur. — Je rendis de vives actions de grâces au Seigneur, de m avoir arraché à la mort d'une manière si miraculeuse; car elle est toujours pour moi une preuve convaincante que je ne dus mon salut qu'à la divine Providence. » (Ibid. p. 59).

g, Pendant la guerre que les partisans de la reine Christine; d'Espagne, appelés pour ce motif christinos, livrèrent aux carlistes, les adhérents de don Carlos, se passa l'événement suivant, qui prouve évidemment que plus nous sommes dans le besoin, plus Dieu se trouve disposé à nous prêter secours. Un des chefs des carlistes fut assailli par un détachement de christ iuos qui lô

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chassèrent de son poste, ei l'obligèrent à battre en retraite Outre la perte d'un grand nombre de soldats, ce général eutencore à déplorer celle de ses deux filles qui avaient accompagné leur père, et qui tombèrent au pouvoir des ennemis. Le général ne tarda pas à recevoir des troupes de renfort, avec ordre de reprendre le poste dont les ennemis s'étaient emparé. Il s'y sentait d autant plus encouragé, qu'il s'agissait aussi pour lui du salut de ses deux filles. Comme il se disposait le lendemain à mener les troupes sur le champ de bataille, les ennemis vinrent eux-mêmes à leur rencontre; mais, de quel effroi ne dut pas être saisi le cœur du général, lorsqu'il aperçut ses deux filles placées en tète de l'armée des ennemis, qu'ils faisaient marcher devant pour s'en protéger comme d'un bouclier ! Comment se résoudre à commander le feu ? Les premières balles n'iraient-elles frapper au cœur même de ses enfants! Il est livré à un désespoir affreux. Son devoir l'oblige à combattre vaillamment contre ses ennemis, mais comment se résigner à voir ses enfants tomber les premiers peut-être victimes de sa trop grande ardeur ? Les soldats partageaient euxmêmes les angoisses de ce cœur paternel. Cependant les ennemis commencent l'attaque; il faut prendre parti. Rassemblant toutes les forces de son àme, le général recommande ses enfants à la protection du ciel et ordonne de faire feu. — A peine ose-t-il, après une décharge si meurtrière, lever les yeux, il craint devoir étendus sur la poussière les cadavres de ses deul filles; mais, ô prodige! il les aperçoit debout au milieu des morts qui jonchaient le sol à côté d'elles. Ranimé par la protection du ciel qui planait sur elles d'une manière si visible, le général l'ait avancer ses soldats la bayou-

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