PARTIE I. CHAPITRE H
nette en avant. L'ennemi est mis en fuite, et l'on parvient à reconquérir le poste dont ils s'étaient emparés.
Les deux filles avaient déjà volé entre les bras de
leur père qui, confondant ses larmes avec les leurs, bénit le ciel dont la Providence les avait si miraculeusement délivrées (Munich, Bibliothèque de la Jeunesse, 24 vol). li. Un pêcheur qui habitait avec sa famille une petite maisonnette située sur les bords d'un fleuve, s'éveilla tout-à-coup au milieu de la nuit à la voix de sa femme qui criait de toutes ses forces : Au secours, au secours, nous sommes perdus ! Ils venaient d'être surpris par une inondation extraordinaire produite par la fonte subite des neiges, et déjà l'eau pénétrant de toutes parts dans leur chétive demeure, allait tous les engloutir. — Ce fut en vain qu'ils crièrent au secours, leur voix se perdit dans les rugissements des vagues. Le pécheur éveilla ses enfants, et tous ensemble ils se mirent à genoux, et prièrent le Seigneur de venir à leur secours. Tout-à-coup un craquement horrible se fit entendre, toute la maison trembla, une partie de la muraille s'écroula ; mais au même instant apparait à l'ouverture faite par l'enlèvement du mur la pointe d'une barque : le pêcheur s'y élança aussitôt avec sa femme et ses enfants, et comme il était habile dans ce genre de manœuvre, il aborda au rivage au bout de quelques minutes, au grand étonnement d'une foule nombreuse, spectatrice de ce prodigieux événement. — On accabla le pécheur d'une foui (ions; les uns ne pouvaient
/ admirer la manière toute providentielle dont il avait sauvé lui et sa famille; d'autres, qui se targuaient d'une plus grande perspicacité d'esprit, attribuaient la rencontre de la barque à des causes toutes naturelles et
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aux caprices du hasard ; quant au pêcheur, il se prosterna en terre et fit à Dieu cette prière : « Seigneur, qui avez entre vos mains les destinées du monde, et qui en dirigez les événements au gré de votre sagesse, je vous rendrai grâces toute ma vie d'avoir veillé avec tant de soins à la conservation de mes jours. » {Hubert' s Ers. Geb. der Liebe.).
i. En 1814, les ennemis victorieux de Napoléon s'avancèrent contre la ville de Schleswig, une des villes alliées à l'Empereur, et menacèrent de faire souffrir aux habitants toutes les rigueurs de la guerre. C'était le 5 janvier. Toute la ville était dans l'épouvante et la consternation. Dans cette ville, non loin de la porte d'entrée, dans une petite maison, vivait avec son fils une pauvre femme sans ressources. L'effroi et la terreur pénétrèrent bientôt dans cette chétive demeure, lorsqu'on y apprit la nouvelle que le lendemain la ville devait être occupée et saccagée. Leur maison, par sa position, devait être naturellement la première victime du courroux des ennemis. Fuir était chose impossible. La pauvre veuve passa toute la nuit en prière; quant à son fils, dont le cœur était depuis longtemps vide de tout sentiment religieux, il jugea de telles pratiques vaines et superflues. Il remit sa destinée entre les mains du hasard. Dans la détresse et l'angoisse de son cœur, la mèr répétait souvent ces paroles d'un cantique : a Seigneur, élevez un mur autour de nous; et que l'ennemi recule épouvanté » !
Mais la répétition continuelle de ce refrain fatiguait le jeune homme, qui s'écria : a Allons donc! ma boni mère, comment pouv z-vous exiger que Dieu bâtisse nu mur exprès pour nous » ? Mais la mère répétait tran-