PARTIE I. CHAPITRB H
quîllement : «Par ces paroles, je ne demande pas, mon fils, un mur véritable, je prie seulement le seigneur de nous protéger, bien qu'il ne serait pas impossible à sa puissance d'élever un mur réel » . — 11 était à peu près cinq beures du matin, la nuit recouvrait encore la ville de ses ombres, lorsqu'on entendit tout-à-coup sur la rue des clameurs et un bruit épouvantable. Les roulements du tambour et le son éclatant des trompettes sonnaient aux oreilles de ces malbeureux, comme la trompette du jugement dernier. On entendait le bruit des cbariots et des canons mêlés aux cris sauvages des ennemis, le craquement des portes et le bruit des fenêtres qui volaient en éclats. Tantôt le tumulte paraissait se rapprocher, tantôt il se perdait dans le lointain, jusqu'à ce qu'enfin un calme profond s'établit : tout était rentré dans l'ordre. — Lorsqu'une grande partie de la journée se fut écoulée et que toute crainte d'être observé par l'ennemi eut cessé, le fils eut enfin le courage d'ouvrir le volet de la fenêtre, et remarqua, à son grand étonnement, que la neige, tombée pendant la nuit, avait été poussée par le vent contre la muraille, et formait comme un rempart élevé, qui avait caché la maison aux regards des ennemis {Morale en Exemples. Munich, 1834, 1. 351). h Un enfant, occupé un jour à cueillir des fraises dans une forêt, alla se réfugier, pendant un orage, dansl'excavation d'un chêne, ignorant sans doute que le tonnerre tombe toujours de préférence sur ces sortes d'arbres. Tout-à-coup une voix se fit entendre, qui criait : François ! François ! sors vite de là ? — L'enl'aut, qui s'appelait François, sortit en toute hâte de dessous Le chêne, et à peine était-il à quelques pas de distance que le tonnerre tomba sur cet arbre» « Cette
CATÉCIIISME HISTORIQUE.
voix vient du ciel, se dit François en lui-même », mais au môme moment les cris de François ! retentirent do nouveau. L'enfant apercevant une paysanne, courut à elle et lui demanda ce qu'elle voulait. « Ce n'est pas toi que j'appelais, mais bien mon petit François qui garde les oies auprès du ruisseau et qui s'est enfui dans un buisson pour se garantir de la pluie » . L'enfant lui raconta qu'il avait pris sa voix pour un avertissement du ciel, et qu'il lui était redevable de la vie. « 0 mon enfant! reprit cette pieuse femme touchée de ce qu'elle venait d'entendre, bien que cette voix ne vienne pas directement du ciel, remercie-le cependant de t'avoir sauvé la vie d'une manière si providentielle. » [Kinle's Katcch. 1, p. 216).
I. Le fils de l'empereur Basile, Léon, fut accusé par le fourbe Santaberen d'avoir conspiré contre sa vie. Basile, convaincu par les stratagèmes de cet intrigant de la vérité de cette accusation, fit emprisonner son fils, et, cédant aux insinuations malveillantes de Santaberen, il allait lui faire arracher les yeux, si plusieurs sénateurs, qui se jetèrent aux pieds du père, n'eussent obtenu un délai. En attendant, le jeune prince demeura en prison, toujours sous le poids du ressentiment paternel, qui lui renvoyait ses lettres sans môme daigner les ouvrir; il allait périr infailliblement, si un perroquet n'eût déjoué l'infernal complot de Santaberen. Un jour que Basile donnait un grand souper aux seigneurs de sa cour, au moment où la bonne chère et la (louée ïamiliarité de L'empereur faisaient oublier L'infortune de ]/■• ii, un perroquet enfermé dans une cage suspendue dans la salle se mit à crier: Hélas! hélas! seigneur Lcon. C'était des paroles qu'il entendait depuis trois