‹ Catéchisme historiqueChapitre 64 sur 275 · PARTIE T. CHÀJPITBE II · texte numérisé non relu

PARTIE T. CHÀJPITBE II

avec tant d'impétuosité sur le vaisseau, qu'il paraissait plutôt s'avancer sous les flots qu'être porté sur la surface de l'eau. Je criai à tous les passagers, qu'ils devaient se préparer à mourir, que nous allions être ensevelis sous les ondes. « Vous vous trompez, reprit cette enfant, nous n'en sommes pas encore là ; Jésus est encore dans le vaisseau. » A cet instant le vaisseau fut encore soulevé par les vagues qui s'élevèrent comme une montagne ; mais bientôt nous fûmes délivrés de la tempête, car, poussés par un vent favorable, nous arrivâmes heureusement au port. » (Lebeiisfr'àcte v. Siuaï u Golg. S. 128).

c. L'histoire suivante nous montre les soins tout paternels avec lesquels Dieu veille sur les siens : « Saint Paul, qui fut le premier ermite, se retira, à l'âge de vingt-trois ans, dans un désert de la haute Thébaïde pour échapper à la persécution de Dèce (-250). Il s'y nourrit pendant trente années du fruit du palmier. Mais pendant les soixante dernières années de sa vie, le Seigneur lui envoyait tous les jours un demi pain qui lui était apporté par un corbeau [Comparez 3. Rois, 17. G, T histoire (IF lie]. Le vieillard vivait encore l'an 341 de Jésus-Christ, et malgré la faiblesse de sa voix, il louait encore le Seigneur par ses cantiques. — Un autre ermite, Antoine, qui comptait déjà quatrevingt-dix ans, fut averti par le Seigneur de parcourir le désert pour tâcher de découvrir le Père des ermites. Loi -qu'il l'eut trouvé, ils s'entretinrent beaucoup entre eux du royaume de Dieu. Pendant leur conversation arriva le corbeau qui, cette fui.— ci, vint déposer aux pieds des deux ermites un pain tout entier. Saint Antoine en fut vivement ctounc, mais saint Paul lui dit :

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a Mon Dieu, c'est le Seigneur qui dans son infinie bonté veut bien nous envoyer à dîner. Il y a près de soixante ans que je reçois ainsi un demi pain tous les jours ; aujourd'hui que vous êtes arrivé, le Seigneur a doublé la portion pour prouver combien il prend soin de ceux qui le servent. » (Stolà. R. G. B. 9 et 10. S. 394).

C. La pensée de la toute-puissance de Dieu doit aussi, en revanche, nous inspirer des sentiments d'humilité.

a. Nabuchodonosor, enflé d'orgueil et dominé par des sentiments de vanité, à la vue de sa ville de Babylone et à la pensée de sa grandeur et de sa magnificence, fut puni par le Seigneur, qui lui enleva sa raison et le réduisit à errer dans les forêts avec les animaux sauvages. Ce temps de pénitence écoulé, le Seigneur lui rendit la raison, le remit en possession de son royaume, et ce prince, qui avant son châtiment se regardait comme le Dieu de la terre, s'humilia profondément, reconnut sa faute, et s'écria dans le sentiment de sa faiblesse et de son impuissance : a Je loue le roi du ciel, et je publie sa grandeur et sa gloire, parce que toutes ses œuvres sont fondées dans la vérité, que toutes ses voies sont pleines de justice et qu'il peut humilier ceux qui marchent dans V orgueil. » [Dan. 41).

b. Lorsque Alphonse, roi d'Aragon et de Sicile, envoya son fils, avec une puissante armée, combattre contre les Florentins, il lui dit en prenant congé de lui : « Gardez-vous, mon fils, de trop vous conOer à votre valeur et à celle de vos soldats, comme si vous pouviez remporter la victoire sans le secours du Tout- Puissant; humiliez-vous plutôt devant le Seigneur,

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vous rappelant ces paroles de la sainte Ecriture ( /. Pierre, 5. 5) : « Dieu résiste aux superbes, et donne sa grâce aux humbles, » {Anton. Panorm. de gestis Alpk.).

c. Clotaire, roi des Francs, qui souffrait d'une fièvre violente, et sentait que ses forces et son courage l'abandonnaient, disait à ceux qui l'entouraient : « Qu'en, pensez-vous ? Ne faut-il pas qu'il soit bien puissant le roi du ciel pour abattre si facilement les plus puissants rois de la terre ? » (Baron, tom. 7. Annal.).

d. Saint Canut, roi de Danemarck, était souvent condamné à entendre de la bouche de ses flatteurs, qu'il était l'un des plus puissants rois de la terre, et que sa puissance s'étendait sur terre et sur mer. Le roi, qui ne pouvait supporter d'entendre d'aussi plates flatteries, alla un jour se promener sur les bords de la mer, et comme ses flatteurs le saluaient de dominateur de la mer, il se plaça sur l'extrémité de la rive et s'écria d'un ton de voix imposant et sévère : a Mer, je te défends de m'approcher et de mouiller mes vêtements : mais comme c'était précisément au moment du flux de la mer, l'eau s'approcha toujours de plus en plus, jusqu'à ce qu'enfin le roi devint entièrement mouillé. — Alors il se leva, et se tournant vers ses flatteurs : a Comtemplez, vains adulateurs, la puissance de votre roi que vous ne cessez d'exalter ; maître de la mer, je ne saurais commander à la plus petite goutte d'eau qu'elle renferme ! Dieu seul est puissant, et ce nom ne Convient qu'à lui , lui seul a créé et conserve cet univers ; lui seul aussi mérite l'honneur d'être appelé le Tout-Puissant, a [Lohn. Bill, i.532).

e. Un prince d'Allemagne faisait voir un jour les

curiosités intérieures et extérieures du château où il faisait sa résidence, à un ambassadeur étranger. Son bouffon qui, selon l'usage d'alors, ne cessait de l'accompagner partout, montrant le firmament, dit avec cette pétulante audace qui le caractérisait : a Cessez, monsieur mon frère, de faire tant de cas de notre maison, et considérez plutôt le ciel ; votre maison a d'excellents piliers et repose sur des bases solides ; mais le grand Architecte là haut n'a pas besoin de piliers pour soutenir sa voûte immense. Respect pour un tel Architecte ! Celui-là, il supporte le ciel avec son doigt, et la terre lui sert d'escabeau. » (NachE. Veith.).

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