‹ Catéchisme historiqueChapitre 65 sur 275 · V. Dieu est souverainement bon et miséricordieux · texte numérisé non relu

V. Dieu est souverainement bon et miséricordieux

Malgré la gravité de la faute de nos premiers parents, Dieu eut néanmoins pitié de leur sort ; il leur pardonna et continua de s'occuper de leur existence à venir (Cicii. 3. 14 et 21). Lorsque Caïn eut tué son frère, le Seigneur lui adressa des paroles d'amour et de pardon, et se disposait à lui pardonner, pourvu qu'il se corrigeât et qu'il s'efforçât de vaincre sa passion (Gai. 4> 7)# — Combien est touchant l'exemple de longanimité que donna le Seigneur, lorsque, à la prière d'Abraham, il consenti! a épargner les villes pécheresses «leSodome et de Gomorrhe, s'il s'y rencontrait seulement dix justes. — Dieu permit que Noé travaillât pendant un

(1) La bonté de Dieu se manifeste principalement dans l'œuvrc de l;i créalipn et dans la conservation du monde. Comme m, ii . m trouvons des exemples suffisants dans la Genèse el dans le spectacle de la nature, nous considérerons ici la J»uiU(j et la miséricorde de Dieu a l'égard des pécheurs.

siècle à la construction de r Arche, qui était pour les hommes corrompus un avertissement continuel de faire pénitence. — Le peuple d'Israël s'étant rendu gravement coupable dans le désert en s'adonnant au culte des idoles, Dieu voulut exterminer les prévaricateurs, mais Moïse intercéda pour eux, et le Seigneur leur pardonna {Fxod. 32. 11). — David s'était rendu coupable de crimes énormes contre le cinquième et le sixième commandements de Dieu, mais le Seigneur lui envoya le prophète Nathan lui annoncer son pardon, parce que le repentir était entré dans son cœur (2. Rois, 12). — Il avait déjà prédit aux Ninivites que leur ville serait détruite, lorsque, par une pénitence austère, ils obtinrent miséricorde {Jon. 3). — Achab (3. Rois, 21). Josias (4. Rois, 22). Ezéchias (2. Parai. 32.) et Manassès éprouvèrent aussi combien le Seigneur est miséricordieux envers les pécheurs repentants. Mais le plus grand et le plus éclatant témoignage de sa miséricorde et de sa bonté est celui que notre Seigneur nous a donné en sacrifiant son propre Fils pour opérer l'œuvre de notre rédemption. Aussi Jésus nous dit-il: a Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son fils unique, afin que ceux qui croient en lui ne périssent pas, mais qu'ils aient la vie éternelle, d [Jean, 3). — Le Fils de Dieu nous a donné lui-même des exemples touchants de bonté et de miséricorde. — Comme il se montrait doux et aimable à L'égard des pécheurs contrits et repentants ! Les amis de Jésus se scandalisaient à la vue d'une bonté si compatissante jointe à une humilité si profonde, et s'écriaient : « Quoi ! cet homme reçoit des gens de mauvaise vie et mange avec eux ? » {Luc, 15). Mais il Les réfuta admirablement en se servant de la parabole de i. H

438 CATÉCIUSME niSTORIQUE.

la brebis perdue et de la drachme. — Tons ceux qui revenaient au Seigneur avec un cœur brisé de douleur, recevaient leur pardon. Ainsi le Paralytique (Matt. 9), Marie-Madeleine (Luc 7), Zachée (Luc 19), le bon larron (Luc 23), saint Pierre (Matt. 26. 75). Paul avait commis de grands péchés, cependant, par la grâce de Dieu, il reconnut ses fautes et fit pénitence (Act. 9). — Le Sauveur lui-même pleura sur l'opiniâtreté de la ville de Jérusalem (Luc, 19. il).— Sur la croix, il pria pour les pécheurs (Luc 23). — La parabole de l'enfant prodigue nous montre combien la miséricorde divine désire ardemment que les pécheurs se convertissent (Luc, 15). Nous trouvons les mêmes témoignages dans l'exemple du publicain dans le temple. — La magnanimité du Seigneur à l'égard des pécheurs obstinés et endurcis nous est attestée par la parabole du figuier stérile que le Seigneur ordonna d'arracher, mais qu'il laissa encore subsister quelque temps , à la prière du jardinier (LuciS).

L'œuvre tout entière de la Rédemption du Sauveur est à elle seule un miracle éclatant de la miséricorde de Dieu envers les pécheurs; œuvre digne de notre vénération et de nos remerciments. En outre, le Baptême et la Pénitence ont été établis par le Sauveur comme deux sources permanentes de salut pour le genre humain, et, jusqu'à la fin du monde, l'agneau qui efface les péchés du monde s'offrira tous les jours pour nous, et montera vers Le Père céleste comme on sacrifice de propitiation qui ne cessera de faire pleuvoir sur nous les divines miséricordes.

e. Saint Augustin nous raconte dans ses Confessions le plaisir qu'il trouvait, étant jeune, dans la fréquenta-

Page 1