PARTIE I. GHAriTRE
roces pour servir de spectacle au peuple. — C'était Tan 407 de Jésus-Christ. Il eut beaucoup à souffrir pendant sa route, de la férocité des soldats qui le conduisaient ; mais il supporta toutes leurs vexations avec la patience la plus admirable. Lorsqu'il rencontrait des chrétiens, il les saluait. Il écrivit aux fidèles de Rome une lettre de consolation et d'avertissement, et montra en tout le désir le plus ardent de sacrifier sa vie pour rendre témoignage de sa foi. Arrivé à Rome, on se hâta de l'emmener à l'amphithéâtre où était accourue une foule immense de peuple avide de sang, pour être témoin du martyre du saint prêt à être déchiré par la dent cruelle des lions. On ne retrouva plus que quelques-uns de ses ossements qui, plus tard, ont été recueillis par les chrétiens et conduits à Antioche où on les conservait dans un coffre comme un trésor très-précieux (Ruinarfs Acten der Martyr).
g. Vers l'année 150 de Jésus-Christ, vivait à Rome, avec ses sept fils, une pieuse veuve nommée Félicité. Sa conduite vertueuse éveilla la haine des païens qui l'accusèrent auprès du roi d'être chrétienne et de se refuser à sacrifier aux idoles. L'empereur ordonna au préfet de la ville, Publius, de prendre des informations et de forcer la mère et ses sept fils d'immoler aux fausses divinités. D'abord le préfet se contenta d'appeler chez lui la mère qu'il s'efforça de persuader par des discours flatteurs et des promesses ; puis, ses tentatives restant inutiles, il passa aux menaces ; mais tous ces moyens furent sans résultat. Le préfet lui représenta que, par son entêtement, elle exposait, avec sa propre vie, celle de ses sept enfants; elle se contenta de lui répondre en souriant : c Mes enfants vivront éternel-
lenient s'ils ne sacrifient pas aux dieux; que si, au contraire , ils le font , ils courent à une perte éternelle. » Le lendemain, le préfet rendit la justice sur la place publique et fit comparaitre devant son tribunal la mère avec ses sept fils. Le préfet l'avertit encore une fois de prendre compassion de ses enfants, mais elle répondit : « Si je suivais votre exemple et que je fisse apostasier mes enfants, je serais la plus cruelle de toutes les mères : votre compassion est une impiété.» Puis se tournant vers ses sept fils : a Regardez en haut, mes enfants, regardez le ciel, c'est là que Jésus-Christ vous attend avec ses saints ; combattez pour vos âmes et montrez-vous fidèles à son amour. » — A ces mots, Publius lui fit donner un soufflet, disant : « Oses-tu bien, en ma présence, les porter à mépriser les ordres de mon maître ? » Puis il appela les sept enfants l'un après l'autre. Le premier, nommé Janvier, ayant confessé hardiment sa foi, fut battu de verges et mis en prison. Le second, nommé Félix, montra la même fermeté et subit le même sort. Philippe, le troisième, ayant été amené à son tour, le préfet lui dit : a Notre seigneur l'empereur Antonin te commande de sacrifier aux dieux tout-puissants. » Philippe répondit : « Ceux à qui l'on veut que je sacrifie ne sont ni dieux ni toutpuissants, maisde vains simulacres privésde sentiments; quiconque leur sacrifie se précipite dans un malheur éternel. » Vint ensuite Sylvain qui prit sa place. A ce que je vois, lui dit Publius, vous avez conspiré, avec la plus méchante des mères, afin de braver les ordres des princes pour courir tous ensemble à votre perte, » et Sylvain lut précipité d'une hauteur. Janvier expira le premier sous des fouets armés de h \ i