PARTIE I. CHAPITRE I
les bouts ; Philippe et Félix furent assommés à coups de massue. Alexandre, Vital et Martial, les plus jeunes, eurent la tète tranchée. Enfin, après avoir, par ses larmes et ses exhortations pressantes, comme enfanté de nouveau à la vie éternelle sa nombreuse famille, la mère eut également le bonheur d'être décapitée pour Jésus- Christ, après avoir passé quatre mois en prison [Idem).
h. L'année -177 de Jésus-Christ, sous l'empereur Marc-Aurèle, les chrétiens de Lyon subirent une cruelle persécution. A l'instigation des ministres du paganisme, le bruit s'était répandu que, dans leurs assemblées, les chrétiens tuaient un enfant qu'ils rôtissaient ensuite pour en manger la chair. Les païens avaient sans doute entendu parler de la sainte Eucharistie où Ton mange la chair et boit le sang dé Jésus-Christ, et c'est sur cette base qu'ils avaient assis leurs accusations. Aussi, cruelles furent les vexations que durent endurer les chrétiens. Parmi ceux qui, dans cette persécution, se distinguèrent par leur courage, on remarque surtout une jeune fille nommée Blandine, jeune esclave d'une complexion tendre et délicate. Tous craignaient pour elle; sa maîtresse même, qui était aussi du nombre des' martyrs, avait peur qu'elle n'eût pas la force de confesser sa foi, à cause de la faiblesse de son corps. Cependant cette sainte fille fatigua tous ses bourreaux qui se relayèrent pour la tourmenter tout un jour. Après lui avoir fait souffrir tous les genres de supplices, ne sachant plus que lui faire, ils s'avouèrent vaincus. Pour la sainte, telle cm' un généreux athlète, elle reprenait de nouvelles forces en confessant sa foi ; c'était pour elle se reposer et changer les tourments eu délices que de
^r : or Je ; ienne ! Il ne se commet point de
mal parmi nous. » Sa fermeté irrita follement le gouvernenr et les bourreaux, qu'après avoir employé tous les autres supplices, ils firent rougir au feu des lames de cuivre et les appliquèrent aux endroits les plus sensibles de son corps. La sainte vît rôtir sa chair sans même changer de posture. Son corps ainsi brûlé et déchiré n'était plus qu'une plaie. Comme tous ces moyens devenaient inutiles, elle fut exposée à la rage des bêtes féroces qui la déchirèrent horriblement, sans cependant lui ôter la vie; on finit par lui couper la tête. — Elle avait été précédée par un jeune chrétien ègé de 15 ans, qui supporta les plus lamentables tortures, et qu'elle encourageait à persévérer constamment jusqu'au moment où il rendit l'âme au milieu des supplices (Idem.), i. Au commencement du troisième siècle, eut Heu le martyre de sainte Potamienne, esclave d'une rare beauté. Son maitre, n'ayant pu parvenir à la séduire, l'accusa d'être chrétienne. Le préfet, après avoir tenté toutes les voies de la persuasion, lui fit souffrir les plus grands tourments et la condamna à être plongée dans une chaudière de poix bouillante. Comme il ordonnait qu'on la dépouillât de ses vêtements : « Je vous conjure, lui dit-elle, de ne point me faire paraître nue; commandez plutôt qu'on me descende peu à peu dans la chaudière avec mes habits, et vous verrez quelle pa-
e m'a donnée le Christ que vous ne connaissez pas. >-» Le préfet le lui accorda, et on l'enfonça ainsi peu à peu pendant trois heures; après quoi, ayant été
sndue jusqu'au cou, elle expira (Idem.), h. Sainte Agnès mourut aussi delamortdu martyre, oe lo ans. Celte délicate jeune fillo