‹ Catéchisme historiqueChapitre 72 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE II

percer lui-même. Le duc, à cette vue, fit rassembler tous les chrétiens dans sa cour et leur demanda à quel supplice il fallait vouer le criminel; mais L'un d'eux, corrompu par Geilane, prit la parole et dit au roi : « Seigneur ! pensez à vous et à nous tous tant que nous sommes qui avons recule batème de ces étrangers; et pour éprouver si leur Dieu est aussi puissant qu'ils le disent, rendez la liberté à ce malheureux, nous verrons alors si leur Dieu les vengera. Sinon, ne trouvez pas mauvais que je le dise, nous voulons servir la grande Diane selon l'antique usage de nos pères. » Ainsi fat fait; le meurtrier fut délivré aussitôt, mais il entra en fureur et se déchira de ses dents jusqu'à la mort. Les chrétiens en louèrent Dieu. Toutefois sa vengeance s'étendit plus loin encore. Geilane fut saisie du malin esprit qui l'agita tellement qu'elle en mourut. Le duc Gozbert fut tué par ses domestiques qui se révoltèrent contre lui; Hétan, son fils, fut chassé de ses Etats par les Francs orientaux ou les Austrasiens, et il ne resta plus personne de cette race (Stolb. R. G. B. 22).

k. Jean Wiclef, qui avait voulu se constituer le chef d'une nouvelle hérésie qui surgit en Angleterre, fut frappé d'aploplexie, le jour de saint Thomas de Cantorbéri, comme il prêchait au peuple ses dogmes impies. La bouche lui tourna tout-à-coup d'une manière hideuse, un tremblement convulsif agita sa tète, et il perdit la parole. Après deux ans de langueur, il expira Je dernier jour de décembre de l'année 1387, fête de saint Sylvestre : ce qu'on ne manqua point d'observer comme une punition divine, parce que, dans les blasphèmes qu'il vomissait souvent contre les saints, il s'était principalement emx»orté contre saint Sylvestre et

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saint Thomas, l'un comme auteur et l'autre comme défenseur des droits de l'Eglise qui révoltaient le plus ce précurseur des réformes hérétiques {Ber. Berc. tom. i4). ■

L Un dragon hanovrien, homme dépourvu du sentiment et de la crainte de Dieu, ayant rencontré un juif auquel il supposait de grandes sommes, le pendit à uu arbre, lui enleva son argent, et l'enterra ensuite au pied de l'arbre. Le juif l'avait en vain supplié etconjuréde lui conserver la vie; il lui fallut se résigner à mourir; mais il dit à son meurtrier : « Dieu te trouvera, pervers, il te sera fait ici comme tu m'as fait à moi-même à cet arbre. » — Une année après (c'était à l'époque de la seconde guerre du Schleswig), son régiment reçut ordre d'occuper un village auquel conduisait la route où le soldat avait commis son meurtre. — Comme on craignait une surprise de la part des ennemis, le général ordonna que tous devaient avancer avec prudence et précaution, et défendit qne personne osât faire un pas hors des lignes sous peine d'être puni de la corde. — Le dragon, dont nous avons parlé, sans doute pour avoir pris de l'eau-de-vie outre mesure, commença à sommeiller et tomba à la renverse : plusieurs fois im sous-officicr Tau la à se relever. Dénoncé au général, il fut condamné, après un court interrogatoire, à être pendu au premier arbre voisin. A ces paroles, le condamné se jeta à terre et se mit à pleurer et à sanglotter. Il resta longtemps sans pouvoir prononcer une seule parole. Enfin il s '«'cria au milieu des soupirs et des larmes :" « 0 Dieu! que vous êtes juste! » — Il découvrit alors son meurtre et avoua ce que le juif lui avait prédit. — On creusa au pied de l'arbre et l'on trouva aussitôt le cadavre du juif. Le

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général et les soldats furent saisis d'un vif étonnement en entendant ce récit. On procéda au milieu du plus profond silence à l'exécution du meurtrier, et il lui fut fait comme il avait fait au juif (Lelensfrikte v. Sinai mdGfolg.S.m).

SENTENCES

a. Si tout péché était puni dès cette vie d'une punition manifeste, on pourrait croire que la justice de Dieu ne s'est rien réservé pour le dernier jugement; et, d'autre part, si Dieu ne punissait ouvertement aucun péché sur la terre, on croirait qu'il n'y a point de Providence (S. Aug. de Giv. Dei, 1. 1, vu).

b. Les jugements de Dieu sont souvent enveloppés de mystères profonds; il faut les adorer tous avec la même profondeur d'humilité (S. Grég. 1. 27 Mor. c).

c. Des yeux malades haïssent la lumière. — De même aussi la justice de Dieu déplaît aux méchants. « Dieu est juste, voilà ce qui doit nous consoler; » — personne ne peut être malheureux sous l'empire d'un Dieu équitable, à moins qu'il ne le mérite (S. Aug.).

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