VII. De la sainte Trinité et du signe de la Croix
Le dogme de la sainte Trinité est incompréhensible. a. La vérité de cette proposition ressort clairement
(1) Voir d'autres exemples des châtiments de la justice divine aux chapitres des dix commandements de Dieu. On peut aussi puiser des exemples dans les événements ordinaires de la vie en démontrant que Dieu punit souvent le péché par des peines naturelles.
de ce qui nous est raconté dans une Légende par saint Augustin lui-même. Lorsqu'il écrivait à Hippone son livre sur ce mystère, et qu'il s'efforçait d'en rendre la doctrine accessible à l'intelligence humaine, il allait souvent, pour se remettre des fatigues de l'étude, se promener sur les bords de la mer. Un jour, il vit assis près du rivage im charmant enfant. Pour s'amuser il avait creusé avec une cuillère une petite fosse dans le sable et était très-occupé à y verser de l'eau qu'il puisait dans la mer. Augustin, qui s'était arrêté quelques instants à examiner ce jeu enfantin, avec cette complaisance particulière qu'on remarque chez ceux qui s'intéressent aux enfants, lui demanda enfin ce qu'il prétendait faire en puisant ainsi de l'eau ? o Je veux, répondit laconiquement l'enfant, vider toute la mer dans ce petit réservoir. — Eh ! répondit Augustin en souriant, tu n'y arriveras jamais! — Jamais, reprit l'enfant d'un ton sérieux; je réussirai aussi facilement que vous qui voulez approfondir le mystère de la sainte Trinité. » Et, à peine ces paroles prononcées, l'enfant disparut. Augustin reconnut alors que le Seigneur voulait l'avertir, par cette apparition surnaturelle, qu'il s'efforçait en vain d'approfondir pour lui-même et pour les autres ce qui est incompréhensible (Thomas. Cemtiprat. 1, i.Assim. c. 49).
I. Saint Bernard disait : chercher à approfondir le mystère de la sainte Trinité, est une dangereuse curiosité j l'admettre et le croire comme le fait l'Eglise catholique, voilà ce qui peut seul nous donner la certitude.— Voir ce mystère dans toute sa profondeur et sa beauté, c'est le plus haut degré de béatitude dans l'éternité (#. Bcrn. S. 1. in Parv.).
PARTIB I. eHÀPÎTRB ET, 155
c. Nous voyons déjà dans les premiers siècles plusieurs chrétiens tomber dans les plus grossières erreurs pour avoir voulu, dans leur fol orgueil et avec leurs faibles lumières, expliquer ce mystère. Quelques-uns, appelés Antitrinitaires, sont allés jusqu'à en nier l'existence.— D'autres ont soutenu, que le Père, le Fils et le Saint-Esprit, ne sont que trois noms différents donnés an. même Dieu; que Dieu, en tant que créature et souverain du monde, s'appelait Dieu, que s'étant fait homme et ayant comme tel souffert pour les hommes, il prenait le nom de Fils, et que quand il portait notre cœur à des sentiments de piété, il adoptait la dénomination de Saint-Esprit. A Bysance, vivait un corroyeur nommé Théodote, qui ne manquait pas d'une certaine culture littéraire. La crainte des persécutions lui avait fait renier le divin Sauveur. Comme, plus tard, les chrétiens lui en faisaient des reproches, son orgueil en fut blessé. « Ce n'est pas Dieu disait-il, que j'ai renié, mais un homme.» Quel homme, lui dit-on ? «Jésus-Christ, qui n'est qu'un homme; car cela est aussi vrai qu'il l'est qu'il n'y a ni seconde ni troisième personne en Dieu. » Un autre hérétique, Paul de Samosate, homme plein d'orgueil et de fourberie, vivait à Antioche dans la deuxième moitié du troisième siècle. Il enseignait que de même qu'il n'y a qu'un Dieu, il n'y a aussi qu'une personne divine, que le Fils de Dieu n'est pas une personne divine; mais la sagesse de Dieu. Cette sagesse, ajoutait-il, s'est unie à Jésus-Christ qui n'était qu'un homme, pour instruire les hommes et opérer des miracles; mais lorsque Jésus-Christ fut pris par ses ennemis, la sagesse divine l'avait abandonné pour retourner à Dieu. Malgré l'extravagance de cette doctrine, elle ht
ihv CATÉCHISME HISTORIQUE.
de nombreux partisans. C'est ainsi que tombe dans Terreur celui qui veut, avec sa raison, pénétrer les mystères de la religion (Fuseb. Hist. Eccl. t. 5 et 6).
COMPARAISONS
a. Les anciens se servaient souvent de cette comparaison : « Comme dans la source, dans le ruisseau et dans le fleuve, il n'y a qu'une eau, de même aussi, il n'y a dans le Père, dans le Fils et dans le Saint-Esprit, qu'une seule nature divine. Le père, c'est la source; le Fils, le ruisseau; le Saint-Esprit, le fleuve. Car, de même que le ruisseau vient de la source; le fleuve de la source et du ruisseau; ainsi le Fils procède du Père et le Saint-Esprit du Père et du Fils (Lohn. Bill. 1 . 534).
b. Qu'on s'imagine trois anneaux faits du même or, ayant la même grosseur, le même poids, la même forme. On dira : 11 y a un or, une grosseur, un poids, et une forme, et cependant, il y a trois anneaux. Ainsi, il y a dans la Trinité, une nature, une puissance, une sainteté, une infinité, et néanmoins il y a tiois personnes.
c. Ou encore : Un artiste fait avec le même marbre trois statues parfaitement ressemblantes; il peut dire avec raison : Il y a une pierre, une dimension, une certaine perfection [Application comme précédemment),
d. Saint Isidore se sert de l'améthyste aux trois couleurs pour figurer le mystère de la sainte Trinité. Il dit: L'améthyste brille d'une triple couleur; du rouge de la pourpre, du bleu de la violette et du rouge de la i
La pourpre es! la couleur de Impuissance, e1 signifie Dieu Le père tout-puissant, le créateur du ciel et de la