‹ Catéchisme historiqueChapitre 79 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE H · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE H

si tendrement son père, ayant prié le ciel de venir à son secours, son ange lui apparut pendant le sommeil et lui dit : « Lorsque vous serez levé, écrivez le nom de Jésus sur un petit morceau de bois et placez-le dans le coussin où repose la tète de votre père. » Le matin, l'enfant raconta à sa mère ce qu'il avait appris pendant la nuit, et elle l'exhorta à faire ce que lui avait commandé l'ange; le père fut guéri sur-le-champ. Deux années après, il tomba de nouveau malade, et cette fois encore, l'enfant recourut à la prière. L'ange lui apparut de rechef en songe et lui demanda s'il connaissait l'histoire de Tobie. L'enfant répondit négativement. « Eh bien ! reprit l'ange, sachez que Tobie a recouvré la vue au moyen du foie d'un poisson. Employez aussi ce remède et votre père sera guéri. » Lorsque la mère apprit cette révélation surnaturelle, elle envoya aussitôt ses gens pécher, et ceux-ci s'en revinrent bientôt avec un poisson monstrueux. On lui arracha le foie qu'on plaça sur des charbons ardents, dans la chambre du malade qui fut guéri dès qu'il sentit l'odeur qui s'en exhalait, car toutes ses douleurs s'évanouirent. Les assistants se répandirent en vives actions de grâces à la vue d'une guérison si miraculeuse opérée évidemment par le médecin qui habite dans le ciel.

c. On raconte la légende suivante au sujet de saint Benoit. Lorsqu'il demeurait encore à Subiaco, il reçut ordre, dans une vision qu'il eut, de se rendre sur le mont Cassin, et dut traverser des contrées qui lui étaient entièrement inconnues. Chaque fois néanmoins qu'il rencontrait deux chemins qui se bifurquaient, deux jeunes hommes, dont l'admirable beauté annonçait qu'ils étaient des messagers envoyés du ciel, se

présentaient à lui et lui indiquaient le chemin qu'il devait suivre. Ce pieux serviteur de Dieu fut ravi d'une rencontre si extraordinaire, et tout ce qu'il désira dorénavant fut de se trouver souvent embarrassé sur le chemin qu'il suivrait, afin d'avoir l'occasion de les voir encore pendant sa route {fiamian. Serm. 8, de S. Benesd.).

d. Un guerrier distingué par sa bravoure nous raconte l'intéressant événement qu'on va lire, survenu pendant ses expéditions militaires. « Lorsque nous arrivâmes à Yillafranca sur le Tage, nous trouvâmes devant la porte d'une maison déserte un enfant âgé d'environ huit mois. Il était couché dans un berceau. Evidemment cet enfant avait été protégé par un ange du Ciel, car les bombes et les boulets lancés par les Anglais, tombaient dans la ville comme une grêle effroyable, attendu qu'on voulait empêcher les Français de s'y établir. Déjà la plupart des maisons n'offraient plus qu'un amas de décombres, et cependant le berceau restait intact au milieu de ces ruines et de ces horreurs. Ce fut un de nos grenadiers qui l'aperçut le premier. Il s'avança, souleva la légère couverture, et un joli petit enfant lui sourit gracieusement : à le voir on l'eût cru reposant tranquillement sur le sein de sa mère . Le brave grenadier s'empressa de le porter en lieu sûr, et où le reste de l'armée campait. A la vue d'un spectacle si attendrissant, tout le monde fut saisi d'une émotion profonde, chacun s'empressait de donner ses soins à cette innocente créature. On amena une chèvre, et on lui donna de son lait. Tout alla à merveille et l'enfant grandissait à xuo i l'œil, lorsque tout-à-coup on reçut ordre de quitter Villalïanca. Une faire 1 qu'allait

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