‹ Catéchisme historiqueChapitre 90 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE II

et de se connaître lui-même. — Il répandit son hérésie en Egypte, dans l'Asie mineure, en Syrie; partout il trouva des partisans. Des évêques même se laissèrent séduire. 11 glissa sa nouvelle doctrine dans des poésies fugitives adressées aux meuniers, aux bateleurs et aux voyageurs, afin de gagner le bas peuple à sa doctrine. Constantin le Grand, le premier empereur chrétien, fit tous ses efforts pour calmer cet orage; de concert avec le page saint Sylvestre, il convoqua un concile à Nicée en Bithynie; Arius y fut convoqué, et se mit à développer ses erreurs, disant que Dieu n'avait pas toujours été Père, qu'il fut un temps où le fils n'était pas, qu'il est tiré du néant, que s'il est bon c'est parce qu'il le veut bien, qu'il peut changer comme les autres. Il ajoutait qu'il n'est pas de la même nature que le Père, que nous n'avons pas été faits pour lui, mais lui pour nous, Il disait encore que le Père est nuisible au Fils qui ne peut le connaître parfaitement, mais seulement selon la mesure de son être, en sorte qu'il ne connaît pas sa propre substance, etc., etc.

A l'exposé de ces odieux blasphèmes, les évêques assemblés de tant de pays, se bouchaient les oreilles d'horreur et rejetaient cette doctrine étrangère à la foi de l'Eglise. On employa tout pour ramener les esprits égarés, mais il fut impossible de triompher de leur astuce et de leur mauvaise foi. Les Ariens trouvaient toujours moyen d'interpréter dans un sens favorable à leur erreur les termes que leur offraient les pères qui voulaient les ramener à l'orthodoxie. Alors les évêques, voyant leur dissimulation et leurs subtilil^. furent contraints, pour s'expliquer plus nettement, de renfermer en un seul mot lésons des Ecritures, ot de

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dire que le Fils est substantiel au Père, en grec Tioïïiousios. Quand on fut convenu de ce mot, Osius dressa le formulaire de la foi catholique ; il était conçu en ces •termes : Je crois en Jésus-Christ, Fils unique du Père, engendré du Père, c'est-à-dire de la substance du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré et non fait , consubstantiel au Père, par qui toutes choses ont été faites au ciel et en la terre. On croyait que la paix de l'Eglise était rétablie, lorsque les partisans d' Arius, abusant de la crédulité de Constantin, inventèrent mille accusations contre Athanase, et parvinrent à le faire exiler à Trêves, capitale des Gaules; c'était l'un des adversaires les plus ardents de l'arianisme. On proposait de recevoir Arius dans la communion des fidèles de Constantinople, mais Alexandre, qui en était l'évêque, s'y opposa de toutes ses forces. Néanmoins, comme on ne tenait nul compte de ses résistances, il courut en toute hâte à l'église, et, versant des larmes amères,il dit au Seigneur : « Si vous voulez, mon Dieu, que Arius soit reçu demain dans l'Église, enlevez d'abord votre serviteur de ce monde; mais si vous prenez pitié de notre église, ne permettez pas que notre héritage tombe dans le mépris; ôtez Arius de ce monde, de peur que s'il entre dans notre église, il semble que l'hérésie y soit entrée avec lui. » Cependant les hérétiques continuaient à mener Arius par la ville comme en triomphe. Il était près de la place de Constantin, lorsque tout-à-coup il changea de couleur; se sentant pressé subitement d'une nécessité naturelle, il entra dans des latrines publiques. Là, tombant soudain en défaillance! il vida en même temps. Les boyaux, les intestins, le sang, la rate et le foie, et mourut crevé

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