‹ Catéchisme historiqueChapitre 96 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE II

païen et y fit construire une magnifique église qui porte le*nom de la sainte Vierge.

On descend dans la grotte de la Nativité par une caverne naturelle, longue de quinze pas, large de cinq; mais elle se rétrécit vers le fond ; sa hauteur est de dix pieds. Les rochers et les parois sont revêtus d'un marbre précieux, dû à la munificence de sainte Hélène.- L'intérieur, où ne pénètre jamais la lumière du jour, est éclairé par trente-deux lampes d'argent. C'est dans sa partie orientale qu'est le sanctuaire de la Nativité. Le rocher est un peu arrondi et tout couvert de marbre blanc ; le pavé, aussi couvert de marbre, est incrusté de jaspe et de porphyre. Au milieu il y avait une étoile sur laquelle étaient gravés ces mots : Hic de Virglne Maria Jésus Christus natus est. A sept pas du lieu de la Nativité est une autre petite grotte : c'est là qu'était la crèche dans laquelle la sainte Vierge plaça l'enfant Jésus. On y remarque un bloc de marbre qui s'élève un pied au-dessus du sol, en forme de berceau. La nuit de Noël, les chrétiens de Bethléem vont en procession à la sainte Crèche; ils sont précédés par le père gardien des franciscains, qui porte l'enfant Jésus dans ses bras, suivi des autres religieux et prêtres ainsi que des pèlerins qui tous tiennent un flambeau à la main. Arrivé au lieu de la Nativité, on chante l'Evangile de la nuit de Noël, et à ces mots, ils l'enveloppèrent dans des langes, le gardien enveloppe l'enfant Jésus de langes, le place dans la crèche, et se prosterne à genoux pour prier. — Le lieu où les bergers entendirent la voix de l'ange est aujourd'hui entouré d'un mur où sont ] liantes de cinquante à soixante oliviers. La surveillance de ce lieu est confiée à un prêtre grec. Au milieu est

une grotte où sainte Hélène fit ériger une chapelle en l'honneur de la sainte Vierge (Géramb. peler. — et Misli?i cité par le traduct.).

3. La crèche proprement dite. La crèche de Jésus, construite en bois, fut, dans le septième siècle, transférée à Rome avec quelques pierres du rocher de la grotte où naquit l'enfant Jésus. Elle est renfermée dans une armoire d'argent dans l'église de sainte Marie- Majeure ; on l'expose la nuit de Noël à la vénération publique ; plusieurs témoins oculaires disent qu'il n'en reste plus que quelques débris qui sont conservés dans une châsse en argent ( Lettres de Rome, S ion, n° li).

4. a. Après la mort du pape Damase, en 385, saint Jérôme sortit de la ville de Rome pour aller finir ses jours aux lieux où est né le Sauveur des hommes. Il y vécut dans une grotte qui plus tard fut convertie en une église établie en son honneur. Sur le théâtre des souffrances de son Dieu, il sentait son amour s'enflammer de plus en plus, et, malgré la vie austère qu'il menait, il éprouvait d'ineffables consolations. Il invita plusieurs personnes animées des mêmes sentiments que lui, à venir goûter les mêmes jouissances ; et il vit bientôt sainte Paule et sa fille Eustochie, venir pSrtager le bonheur que ressentent ceux qui consacrent leur vie à honorer l'enfant Jésus. « Nous avons trouvé celui que notre âme cherchait, s'écriaient-ils tous ensemble, nous le conserverons avec soin, et ne l'abandonnerons plus. » {Epist. M. & JJieron.) (1).

(I) Des exemples bibliques louchant la dévotion à l'enfant

-c trouvent dans les anges chantant des cantiques cTallé-

^rvsse, dans lus bergers qui arrivèrent à Belblceip, dans la

b. Un des partisans les plus zélés -de la dévotion à l'enfant Jésus fut saint François d'Assise. Pour augmenter encore davantage son amour pour la pauvreté , il considérait celle de Jésus dans la crèche. La nuit de Noël, il restait plongé dans de profondes méditations, et des larmes brûlantes inondaient ses joues. Trois années avant sa mort, il résolut de construire une crèche à l'imitation de celle de l'enfant Jésus. A cet effet, il choisit un emplacement dans une forêt non loin du Castrum Grecii. Il y fit une étable où il éleva un autel et plaça sa crèche. On y voyait le divin enfant avec Marie et Joseph, les anges et les bergers. La nuit de Noël, sa chapelle était splendidement illuminée. Les frères de son ordre s'y rendaient alors, et Ton voyait accourir de contrées lointaines des flots de populations qui venaient prendre part à cette solennité. On y faisait un office solennel, pendant lequel saint François prêchait sur la pauvreté de l'enfant Jésus, avec une onction et une charité telles que tous les assistants fondaient en larmes et sanglottaient. Cette fête se répétait toutes les années, et le peuple en éprouvait une joie si grande que, plus tard, l'usage de faire des crèches devint toujours de plus en plus général ( JS. Bonav, c. 10. Vit. S. Franc).

c. Saint Vincent, dans un sermon qu'il prêcha la nuit de Noël, raconte l'histoire suivante : « Un pieux marchand avait coutume de donner à dîner tous les ans, le jour de Noël, à un enfant, à une femme et à un homme pauvres. Il voulait par là honorer la sainte

sainte Vierge, saint Joseph, les trois sajesde l'Orient, dans saint Bîméon et la pieuse Anne.

l'JG CATÉCHISME HISTORIQUE.

Famille. Sur son lit de mort, l'enfant Jésus lui apparut avec Marie et Joseph, et lui adressa ees consolantes paroles : « Puisque tu nous a si souvent donné à manger, à la fête de Noël, tu seras notre hôte dans le ciel. » Le marchand, qui, malgré les soins nombreux que réclamaient de lui ses affaires temporelles, n'avait cependant jamais perdu de vue la grande all'aire de son salut, se réveilla encore une ibis tout inondé de célestes consolations et s'endormit bientôt après du sommeil des justes. » (S. Vinc. Sermo de Nativ. ).

d. Nous lisons la légende suivante touchant saint Antoine de Padoue. Un jour, il fut hébergé par un de ses amis, homme religieux, où, comme il avait coutume de le faire chez lui, il se mit à prier dans une chambre qui lui fut assignée. Son hôte, passant par hasard près de la porte de sa chambre, vit briller une clarté qui le surprit étrangement. Curieux de voir ce que c'était, il s'approcha de la porte afin de découvrir d'où ce phénomène pouvait provenir. Mais quel ne fut pas son étonnement, lorsqu'il vit le saint homme entouré d'une lumière céleste et aperçut devant lui l'enfant Jésus sur lequel le saint fixait ses regards pleins de tendresse. Plus tard, ayant appris que son hôte savait qu'il avait été favorisé d'une vision céleste, le saint se jeta à ses genoux pour le prier de n'en rien dire aussi longtemps qu'il vivrait. C'est à cause de cette apparition qu'on représente, sur les images, saint Antoine avec l'enfant Jésus [Match, hort. pat t. p. 1 1-2.).

c. I! existe, .i Rome, une dévotion très-touchante in ors l'enfant Jésus. Elle a Heu dans L'église de l'Ara- Çcelij cl dure depuis Noël jusqu'à l'Epiphanie. On sait qu'il y a, dan i glisc des franciscains, un petit

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